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Critiques / Rue & Cirque

Les nomades arrivent ! par le cirque Romanès

par Gilles Costaz

Des tziganes et un chat

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Est-il vrai que le cirque Romanès est le dernier cirque tzigane en activité ? Quoi qu’il en soit, rien ne l’empêche de vivre (ou de survivre), ni le fait d’être placé à une porte de Paris (la porte Maillot) où les protestataires et la police se sont fait face bien des fois à l’heure où vient le public, ni les grèves des transports qui frappent douloureusement les lieux de spectacles. Le navire Romanès entend craquer ses charpentes mais ne sombre pas. Le public, gêné par les événements, vient sans doute moins nombreux mais les artistes jouent avec le même engagement joyeux. Comment classer les Romanès dans la hiérarchie des cirques ? A l’échelon le plus modeste et le plus fier. Le chapiteau rouge est de petite taille, les banquettes sont de bois dur et aucun tapis rouge n’est lancé sur la terre sableuse qui précède l’entrée dans la tente.
Il était une fois Alexandre Romanès, homme de cirque et poète, et Délia, gitane dansante et chantante. Ils se marièrent et ils eurent cinq filles. Ces cinq jeunes filles dansent, font tournoyer en corolles leurs longues robes aux couleurs ardentes, s’enroulent sur des cordes et des trapèzes, avancent sur un fil tendu, jouent avec le feu, ont le cœur et le corps acrobates. Elles ont des partenaires masculins, vêtus de gris, de beige et de noir, qui jonglent avec des battes et des chapeaux. L’exécution des figures, qui sont de haut niveau, est parfaite. Cette fois, en prime, un chat monte à la corde et saute depuis les genoux de la trapéziste assise dans les hauteurs. Pas banal ! A part les robes orientales des gamines et des diablesses, rien n’est clinquant. Le climat est plus caravane que music-hall. Il nous ramène à la famille comme elle était autrefois et comme elle est encore chez les tziganes : on obéit à la loi du paternel et de la mamma, on défie la pauvreté par le goût de la fête, on montre au reste du monde qu’on n’a pas d’opulence mais un talent insolent dans la liberté aérienne des gestes et des mots moqueurs adressés au public. La musique de l’accordéoniste, du contrebassiste et du violoniste, ainsi que les chants de tout le monde, insufflent une gigue de tous les diables.
Chaque spectateur emporte en partant un peu de génie gitan, ce qui est excellent pour l’âme et le cœur.

Les nomades arrivent !
Cirque Romanes, au square Parodi, entrée face au 35 boulevard de l’Amiral-Bruix - 75016 Paris. Métro : Porte Maillot (Ligne 1) ou Porte Dauphine (Ligne 2) Renseignements et réservations : 01 40 09 24 20 ou 06 99 19 49 59. Séances, d’une heure vingt environ, en matinée (16 h) tous les jours pendant les vacances scolaires, avec des soirées à 20 h 30 du 23 au 27 décembre ; 16 h et 20 h 30 le samedi, 16 h le dimanche, hors vacances scolaires, jusqu’au 15 mars. Rendez-vous exceptionnels : le grand réveillon tzigane le 31 décembre, 20 h ; Saint-Valentin tzigane, 14 février, 20 h 30.

Photo DR.

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