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Critiques / Comédie & Humour

Les Vérités vraies

par Marie-Laure Atinault

Enterrement et mots doux

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Didier Caron a remporté un succès critique et public largement mérité avec Un Vrai bonheur. Il sait très bien que sa nouvelle pièce est attendue au tournant. Décidément, les cérémonies l’inspirent. Après un mariage, un enterrement. On parierait volontiers que le sujet de sa prochaine pièce est tout trouvé : un baptême !
Didier Caron est un observateur assez fin des petits travers, des petites lâchetés de la vie, des non dits de l’amitié, des vieilles rancunes larvées familiales. Cette fois, le sujet de départ est simple. Jean-Claude est entouré de sa femme, de ses enfants et de son meilleur ami, pour accompagner Alphonse, son père, dans sa dernière demeure. La journée est belle et ensoleillée. La terrasse est ombragée par les pins et l’air du large breton donne à ce repas de deuil une allure de vacances. Magali, la fille aînée de Jean-Claude, a sa tête des mauvais jours comme l’a décelé immédiatement son demi-frère. Autour des cendres encore tièdes d’Alphonse, la petite famille se livre à un jeu de massacre virant au règlement de compte général. La famille de Jean-Claude est bien dans l’air du temps. Magali est venue avec la femme de sa vie, Zoé, une fille nature qui parle aux arbres. Les demi-frères de Magali ont les mêmes goûts en matière de femme. Ce qui crée des tensions épidermiques. L’air breton prête aux confidences qui fâchent, suscitant des diatribes assassines.

Du vécu, du fiel, de l’humour

Didier Caron a donc créé une famille en proie à la consternation et livrée aux affres de la société. Certains pourraient lui reprocher de ratisser large : l’homosexualité, la responsabilité de la collaboration pendant la dernière guerre, l’adoption, etc. Mais il y a la Caron’s touch. Tout d’abord, on apprécie sa fidélité. Il a confié sa nouvelle pièce à des comédiens qui ont participé à l’aventure heureuse du Vrai bonheur. Le succès ne lui a pas fait oublier les amis d’hier. Ensuite, il respecte une loi classique du théâtre et qui a fait ses preuves, celle des trois unités (temps, lieu, action). Et enfin, il y a son sens du dialogue. Les répliques sont parfaitement dosées, avec une touche de vécu, un quart de fiel et deux quarts d’humour. Les personnages ont tous une personnalité, de l’épaisseur, ils ne cèdent en rien à la facilité de la caricature. Ils ont du vécu, de la reconnaissance. La troupe de Didier Caron a ainsi investi le théâtre Fontaine pour de longues homélies. De Pierre Chevallier, celui qui dit enfin à sa femme ce qu’il pense, aux frères Cherer, aussi séduisant l’un que l’autre, en passant par Françoise Lépine, ravissante fine mouche, ils sont tous (même ceux que nous ne nommons pas) absolument justes, au gabarit de leur rôle. Du sur mesure taillé par un Didier Caron très en verve qui assène ses vérités avec un vrai bonheur.

Les Vérités vraies, de Didier Caron, mise en scène de l’auteur, assisté de Véronique Barrault. Avec : Véronique Barrault, Denis Cherer, Pierre Chevallier, Françoise Lépine, Pierre-Jean Cherer. Théâtre Fontaine. Tel : 01 48 74 74 40.
www.theatrefontaine.com.

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