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Critiques / Opéra & Classique

Leonore ou l’amour conjugal

par Charles Rosenbaum

En demi-teinte

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A dire vrai, cette version de Léonore, premier opéra de Beethoven, n’apparaissait pas comme un événement majeur de la saison lyrique parisienne. Proposée en version concert, elle ne semblait pas devoir bouleverser nos oreilles, malgré les propos convaincus du directeur du Théâtre des Champs Elysées, Dominique Meyer. On a coutume de penser que Beethoven était l’homme d’une montagne de pièces musicales mais d’un seul opéra : Fidélio. On sait bien que le célèbre sourd était pointilleux à l’extrême. Ainsi, son Fidélio connut un bon nombre d’ébauches avec ouvertures successives, comme certaines dynasties de rois français, sous le titre de Léonore.

Des variations lyriques de grande beauté

La version proposée aux mélomanes du T.C.E. début mars était la 2e, celle du 23 mars 1806, que Beethoven sous-titra "Léonore ou le triomphe de l’amour conjugal". Une version longue, et même très longue, mais contenant quantité de variations lyriques dont certaines de grande beauté et où les voix sont bien servies. Or, c’est probablement à cause de cette longueur excessive que Beethoven opta finalement pour la version raccourcie qu’il intitula Fidélio, créée le 23 mai 1814. C’est celle que l’on connaît et que l’on aime. Mais la véritable affaire du concert promis au public du Théâtre des Champs Elysées n’était pas là. La vedette devait en être la jeune talentueuse Alexia Cousin dans le double rôle Fidélio-Léonore. On l’attendait...

Le désistement d’Alexia Cousin

La cantatrice de 26 ans s’est non seulement désistée pour cette prestation, mais a déclaré forfait pour la suite de sa carrière. Mettant brutalement fin à parcours prometteur débuté il y a six ans à peine. Mais trop chargé déjà de paris fous. Ainsi, à vouloir tout chanter - Iphigénie, Mélisande, Micaëla, Salomé, Hérodiade, Desdémone, et quelques autres - elle s’est brûlée les ailes. Un temps de repos la fera, on l’espère, revenir sur sa décision. Avec un emploi du temps plus sage. Alexia Cousin fut donc remplacée au pied levé par l’Irlandaise Franzita Whelan qui s’en tira plus qu’honorablement. Endrik Wottrich, jeune ténor wagnérien qui chantera bientôt le Ring au Châtelet, possède une belle voix mais son Florestan n’émut guère. On espérait que Marc Minkowski serait à la hauteur avec son Mahler Chamber Orchestra très féminin et international. Malgré la nouvelle acoustique du T.C.E., sa formation n’était manifestement pas au point. On pourra en juger sur France Musique, le lundi 2 mai prochain à 20h.

Théâtre des Champs-Elysées, 7 et 9 mars 2005. Opéra en trois actes (version 1805). Musique de Ludwig Van Beethoven (1770-1827). Livret de Joseph Sonnleithner, d’après Léonore ou l’amour conjugal, de Jean-Nicolas Bouilly.
Direction musicale : Marc Minkowski. Assistant musical : Benjamin Levy. Chef de chœur : Walter Zeh. Mahler Chamber Orchestra. Chœur du Théâtre des Champs-Elysées. Spectacle chanté en allemand, surtitré en français.
Florestan Endrik Wottrich, ténor. Léonore/Fidélio Franzita Whelan, soprano. Don Fernando Robert Bork, basse. Don Pizarro Franz Hawlata, basse. Rocco Manfred Hemm, basse. Marcellina Martina Jankovà, soprano. Jaquino Matthias Klink, ténor.

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