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Critiques / Autres Scènes

Le Maître des marionnettes

par Marie-Laure Atinault

Un beau voyage au fil de l’eau

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Depuis cinq ans, le musée du quai Branly s’est imposé dans le paysage parisien, mais on connaît moins la belle salle du théâtre Claude Lévi-Strauss. Ce lieu nous invite au voyage, et à la découverte d’une forme ancestrale de théâtre : celui des marionnettes sur l’eau du Vietnam. Nous devons cet immense plaisir à Dominique Pitoiset, le directeur du théâtre National de Bordeaux qui a ressenti un choc lors d’un voyage au Vietnam. Il a rencontré une population en prise avec une hyper modernisation et un héritage traditionnel que certains tentent de préserver. Dans la région du delta du Fleuve Rouge, il enquête sur un moine bouddhiste, Tu Dao Hanh qui a enseigné l’art des marionnettes sur l’eau au XIIème siècle. Il est le Maître des marionnettes et est toujours vénéré.

Le spectacle met en scène différentes saynètes de la vie quotidienne dans les rizières où l’on voit les paysans avec leurs buffles au pas tranquille tirant la charrue, les femmes qui repiquent le riz. Au serpent qui ondoie au gré du courant, les poisons aux couleurs chatoyantes font place aux dragons cracheurs d’eau. La tortue millénaire vient se baigner indifférente aux autres perturbateurs du monde aquatique.
Les marionnettes sont magnifiques, elles allient une certaine naïveté, pour la représentation des paysans, à une véritable poésie tirant sa force des contes et légendes asiatiques, oiseaux fabuleux, dragons etc. …

Sur la scène, un bassin ou une petite piscine remplit d’eau, parfois un rideau de perle ou de fibre végétale nous cachent les animateurs des animaux fabuleux qui s’ébattent sur et dans l’eau. Les marionnettistes sont vêtus de grandes bottes comme les pécheurs à la mouche, allant dans l’eau jusqu’à l’aine. Ils animent les sujets avec une longue perche, arrivant à imprimer une délicatesse de mouvements aux marionnettes. Un dieu aux multiples bras s’animent, des petits temples glissent sur l’eau expriment parfaitement la genèse de cette forme unique au monde des marionnettes sur l’eau mélangeant le sacré au profane.
Sur un côté de la scène, la chanteuse Ngo Thi Quam nous fait glisser sur des accents étrangers aux oreilles occidentales, et le voyage s’opère. Mais quel dommage qu’une partie du public se croit permis de parler puisqu’il s’agit de marionnettes. Ce spectacle ne s’adresse pas aux tout petits enfants. Une forme courte leur est destinée. Nous vous recommandons de consulter le site afin que le spectacle reste un plaisir pour tous. Quant à nous, nous avons fait un beau voyage au fil de l’eau.

© Maitetxu Etcheverria


Le Maître des marionnettes, conception, mise en scène et scénographie Dominique Pitoiset. Avec le théâtre national des marionnettes sur l’eau du Vietnam-Hanoï. Au théâtre Claude Lévi-Strauss du musée du quai Branly
Jusqu’au 25 Février, nombreuses représentations pendant les vacances scolaires

www.quaibranly.fr

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