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Critiques / Opéra & Classique

La Gazza Ladra - La Pie voleuse de Gioacchino Rossini

par Charles Rosenbaum

Une rareté prédestinée à l’Opéra de Massy

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On connaît la présence maléfique des oiseaux depuis le célèbre film d’Alfred Hitchcock, on n’imagine pas les conséquences d’un détournement effectué par une pie « voleuse ». L’Opéra de Massy a eu l’heureuse idée de programmer cet opéra « La Gazza ladra » de Rossini, une véritable rareté qui n’avait plus été jouée depuis trente ans à l’Opéra Garnier.

Pourquoi l’œuvre n’a-t-elle pas connu la même carrière que « le Barbier de Séville », « la Cenerentola », « l’Italienne à Alger », « Sémiramide » ou encore « Guillaume Tell » ? On peut se poser la question alors que Stendhal, spécialiste entre autre de la musique italienne, tenait « La Pie voleuse » pour le chef d’œuvre absolu de Rossini. Il est regrettable que l’on n’en connaisse plus aujourd’hui que la célèbrissime et superbe ouverture, joyau des orchestres, et qui illustra « Orange Mécanique », le film de Stanley Kubrick et quelques péripéties de la Castafiore. En dehors de cette ouverture composée par Rossini en des temps record, on doit reconnaître de réelles qualités musicales à cet opéra dit « semi séria ».

Rossini n’a que 21 ans lorsqu’il présente « La Gazza Ladra" au Théâtre San Carlo de Naples en 1817. On y a déjà entendu « le Barbier de Séville » en 1816 et les deux œuvres ont un air de famille : Ses sonorités et aussi le parfait art d’instrumentation au service d’une extraordinaire vivacité procurent un succès populaire et immédiat à « La Pie voleuse ». Si la réalité fut dramatique - la servante Ninetta accusée de vol de couverts fut pendue - Rossini lui a substitué un happy end. Tirée du mélodrame d’Aubigny et Caignes : « La Pie voleuse ou la Servante de Palaiseau » on peut imaginer qu’elle était prédestinée à l’Opéra de Massy, ville jouxtant justement Palaiseau...

Henri Lazarini a imaginé une mise en scène astucieuse de cette œuvre, pétillante cartes mais un peu trop longuette. Des pantomimes ont allégé des récitatifs interminables Une réalisation claire , parfois allusive à des vues locales, de cette qualité classique qui est d’usage à Massy.

Dominique Rouits, nom réputé parmi les chefs d’orchestre, a parfaitement conduit l’Orchestre de Massy et des chanteurs tous confrontés à une prise de rôle, et à une absence de référence. Magali de Prelle ne manque ni de talent, ni d’abattage, son rôle de Ninetta est lourd et long. La soprano belge n’a certes pas le brio d’Iléana Cotrubas, référence discographique, mais donne agréablement la réplique au brésilien Luciano Botelho (Giannetto), ténor rossinien dans la grande tradition des ténors légers sud américain ; Jean François Vinciguerra (Fabrizio Vingradito) et Jean Marie Fremeau (Fernando Villabella), deux barytons basse tiennent bien leur emploi auprès de leurs jeunes collègues. Nicolas Courjal (Il Podesta/Gottardo), une basse dont on retiendra le nom. Tout comme le mezzo Caroline Fèvre (Pippo).

La Pie voleuse « La Gazza ladra » opéra semi seria en deux actes de Gioacchino Rossini, livret de Giovanni Gherardini d’après la pièce de T. Bauduin d’Aubigny et Louis Charles Caigniez, créé le 31 mai 1817 à la Scala de Milan.

Direction musicale Dominique Rouits, Orchestre de l’Opéra de Massy, Chœur de l’Opéra de Marseille, chef de chœur Pierre Lodice, mise en scène Henri Lazarini, costumes Jean-Pierre Capeyron, décors Jean Haas, lumières Xavier Lazarini. Collaboration artistique : Raymond Duffaut. Avec Magali de Prelle : Ninetta, Jean-François Vinciguerra : Fabrizio Vingradito, Sophie Pondjiclis : Lucia, Luciano Botelho : Giannetto,
Jean-Marie Fremeau : Fernando Villabella, Caroline Fèvre : Pippo, Nicolas Courjal : il podesta/Gottardo, Marc Terraziono : Isaaco.
Opéra de Massy, les 18 et 20 janvier 2008

Crédit photos : OPS/ML

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