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Critiques / Théâtre

Dom Juan

par Marie-Laure Atinault

Juvénile Dom Juan

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Grignan. Ce nom résonne à nos oreilles d’anciens écoliers. Ce petit village de la Drôme, dominé par un château devenu célèbre grâce à la correspondance que Madame de Sévigné adressait à sa fille... la comtesse de Grignan. La plus célèbre épistolière du XVIIe siècle lui donnait des nouvelles du tout Versailles. Grignan est ainsi entré dans le Larousse littéraire. Devant la cour du château se dresse un théâtre saisonnier pour accueillir les 700 spectateurs qui se pressent tous les soirs, depuis le 3 juillet jusqu’au 27 août, pour voir Dom Juan de Molière. Les fêtes nocturnes de Grignan fêtent leur 18e anniversaire. Une majorité joliment couronnée par la mise en scène de Guy Freixe. Le choix de la pièce est en accord avec le lieu et la façade Renaissance dont l’architecture est un décor qui observera les outrances de Dom Juan.

Grand seigneur espagnol

Dom Juan est, aux yeux de certains spécialistes, la pièce maîtresse de Molière. Chaque année, nous avons droit à plusieurs versions plus ou moins inspirées. Guy Freixe, lui, a déjà à son actif plusieurs créations appréciées : L’Eveil du printemps, Danser à Lughnasa. En montant Dom Juan ici, il doit tenir compte du lieu et du plein air. Il a choisi un axe juvénile. Dom Juan est un jeune homme de vingt-cinq ans plein de morgue. Il est interprété avec fougue et panache par Hovnatan Avédikian. Toutefois, ce Dom Juan-là, aime la conquête, le jeu de la séduction plus que le passage à l’acte. Il se jette dans les plaisirs avec la frénésie d’un homme qui n’a rien à perdre. Il recherche le frisson, une flamme pour éclairer la noirceur de son âme. Sgnanelle est, comme il se doit, le témoin, le complice malgré lui des fredaines de son maître. Il est la conscience populaire de ce grand seigneur espagnol. Il est clair que toute ressemblance avec des seigneurs de la cour du grand roi serait purement fortuite.

Diable d’homme

Guy Freixe, avec sa décoratrice Laurence Bruley, ont opté pour des structures légères, des pistes de décor. Les caillebotis deviennent la plage du naufrage de Dom Juan donnant lieu à une scène de pure comédie grinçante. Les caillebotis s’élèvent pour devenir forêt, où Dom Juan montre son courage. Cette scène souvent traitée à la légère est ici remarquable, cernant l’une des facettes de ce diable d’homme. Sgnanelle alias Jean-Yves Duparc est une rondeur philosophe jouée avec humour et humanité. L’ensemble de la distribution est digne de tous les éloges. Qu’il est agréable de redécouvrir un grand classique dans une mise en scène qui s’attache à servir l’oeuvre avec une saine humilité et une intelligence de tous les détails. Grignan a bien de la chance.

Les fêtes nocturnes du château de Grignan. Dom Juan de Molière. Mise en scène Guy Freixe. Avec : Hovnatan Avédikian, Jean-Yves Duparc, Renata Ramos, Renato Guilani, Stephen Szekely, François Joxe, Valérie Haltebourg, Gatienne Engélibert, Alain Carnat, Béatrice Franzino, Guillaume Lauruol, Elise Legros, Neomi Tamilo.
Jusqu’au 27 août 2005 à 21 heures. Tél. : 04 75 91 83 65.

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