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Critiques / Théâtre

Colorature, Mrs Jenkins et son pianiste de Stephen Temperley,

par Gilles Costaz

Une vraie fausse diva

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C’est la comédie de fin de saison qui va devenir la comédie du début de l’année. Cette histoire vraie, reconsidérée par l’Américain Stephen Temperley, adaptée par Stéphane Laporte, comporte une drôlerie tout à fait forte, qu’ont su exploiter avec délicatesse les deux acteurs et le metteur en scène, Agnès Boury. A New York, dans les années 30, Florence Foster Jenkis se prenait pour une admirable cantatrice. Elle avait hérité de beaucoup d’argent et s’était séparée de son mari qui lui conseillait de ne pas chanter. Elle se mit à donner des récitals dans un circuit mondain. Tout le monde applaudit, alors qu’elle avait le talent sonore d’une casserole. Ses spectateurs étaient polis ou avaient besoin d’elle. Mais, un jour, elle affronta le vrai public. Et ce fut très douloureux pour elle. Temperley a choisi de conter cette histoire à travers les souvenirs du pianiste. Devant son piano, celui-ci raconte et, séquence après séquence, joue certaines scènes de leur vie à deux : elle qui chantait faux, lui qui jouait juste.

Agnès Boury a renoué un climat très américain, fait de précision historique, de savoir-faire (artistique et musical) et de séduction. Elle a même insufflé une certaine tendresse à la relation entre ces deux êtres s’engageant dans ce ridicule naufrage doré. Agnès Bove joue Mrs Jenkis d’une manière très surprenante : elle chante en détonnant sur toutes les notes. Son art à maîtriser les couacs et à traduire l’esprit petit-bourgeois du personnage est tout à fait impressionnant. En accompagnateur de la fausse diva, Grégory Baquet déploie un talent multiple : il joue du piano, chante, incarne son rôle avec une égale élégance. Avec eux, la comédie est irrésistible et constitue également un plaisant voyage dans le temps.

Colorature, Mrs Jenkins et son pianiste de Stephen Temperley, adaptation de Stéphane Laporte, mise en scène d’Agnès Boury. Décor de Claude Plet, costumes d’Eymeric François, lumière de Laurent Béal, habillage sonore de Frédéric Jaillard, avec Agnès Bove et Grégory Baquet. Théâtre Le Ranelagh, 01 42 88 64 44.

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