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Critiques / Danse

Pina Bausch bien vivante neuf ans après sa mort

par Yves Bourgade

A Paris et à Wuppertal

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Neuf ans après la mort brutale à 68 ans de Pina Bausch, cette chorégraphe allemande, grande prêtresse de la danse-théâtre, a conservé en France son pouvoir de séduction sur le public et pour les danseurs curieux d’une danse novatrice.
Pour preuves cette saison à Paris le Ballet de l’Opéra de Paris affiche pour onze représentations au Palais Garnier une reprise de sa chorégraphie d’ « Orphée et Eurydice » (24 mars 2018 – 6 avril 2018) et « son » Tanztheater Wuppertal se produit à neuf reprises à l’invitation du Théâtre de la Ville au Théâtre des Champs-Elysées, dans « Nefès » (2-12 juillet 2018).
Le choix de ces deux ballets est d’autant plus intéressant qu’ils témoignent de l’évolution de Pina Bausch et de sa vision artistique unique, riche de pensées et d’images qui parfois sont contestées par d’aucuns. « Orphée et Eurydice » est un opéra dansé à l’aspect presque classique qui date de 1975 et « Nefès » a été créé en 2003, époque où la chorégraphe parcourt le monde avec sa compagnie de Wuppertal qu’elle a créée en 1974 et dirigée jusqu’à sa mort.
La chorégraphe donne corps par la danse à la partition de l’opéra de Gluck « Orphée » chantée en allemand et dont chacun des trois principaux rôles dansés (Orphée , Eurydice et L’Amour ) est dédoublé par un chanteur. Son ballet que le Ballet de l’Opéra de Paris a inscrit à son répertoire depuis 2005, évoque la fragilité de la condition humaine, le désespoir et le deuil : Orphée échoue et meurt dans sa tentative de ramener des enfers son épouse Eurydice.
Trois danseurs alterneront dans le personnage d’Orphée, l’étoile Stéphane Bullion, le premier danseur Florian Magnenet et le sujet Nicolas Paul tandis que deux étoiles sont programmées en alternance pour Eurydice, Marie-Agnès Gillot et Alice Renavand. Marie-Agnès Gillot fera, dans ce rôle, ses adieux officiels à la scène du Palais Garnier lors de la représentation du 31 mars 2018.
La revue de l’Opéra de Paris « En scène » a évoqué l’influence qu’a eue par exemple lors de sa venue à l’Opéra de Paris Pina Bausch sur Alice Renavand qui déclarait : « Elle m’a presque tout appris à travers sa manière de travailler. Une révélation. Elle avait une telle exigence, une telle honnêteté dans le mouvement. Elle m’a donné les armes pour toutes les interprétations qui ont suivi ».
« Nefès » (littéralement souffle en turc) qui est dansé par le Tanztheater Wuppertal, est une « cartographie imaginaire » d’Istanbul, ville flamboyante à la croisée de différentes croyances. On y retrouve aussi bien l’animation de la rue que la moiteur des hammams. A partir de 1986, Pina Bausch a commencé en effet à parcourir le monde avec sa compagnie et les grandes métropoles lui ont inspiré des compositions, Rome, Palerme, Madrid, Vienne, Hong Kong, Lisbonne, Los Angeles, Budapest, Sao Paulo, Istanbul (avec la création de « Nefès » en 2003), Tokyo, Séoul, Calcutta et Santiago du Chili.
Depuis la mort de la chorégraphe, les danseurs de sa compagnie qui l’ont connue, entretiennent la flamme et passent le flambeau, ce qui n’exclut pas des créations de chorégraphes invités comme prochainement le Grec Dimitris Papaionnou et le Norvégien Alan Lucien Oyen.

- « Orphée et Eurydice », Opéra de Paris –Garnier : 24, 26, 27, 28, 30, 31 mars 2018, 1 3, 5 et 6 avril 2018 à 19h30 et 2 avril 2018 à 14h30, durée 2h20, places de 10 à 190 €, sauf 24, 31 mars et 6 avril 2018, places de 10 à 209 € et 26 mars 2018 , places de 10€ à 171 €.

- « Nefès », Théâtre des Champs-Elysées : 2, 3, 4, 6, 7,8 ,10, 11, 12 juillet 2018 à 20H, places de 25 à 89 €.

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