O Quatre Vents

Décoiffant

O Quatre Vents

9 spectacles dont 1 de rue, 24 représentations dans autant de lieux que de spectacles tel est l’inventaire d’un festival créé à l’initiative de la Mairie du 4e arrondissement de Paris, avec pour objectif « faire découvrir quelques perles du patrimoine architectural en y présentant des « créations contemporaines poétiques, magiques ou surprenantes » et « y attirer un nouveau public dès son plus jeune âge ».
D’Animale, spectacle « pour danseuse et cinquante souris » de la chorégraphe Nathalie Pernette, à Mon Petit Gérard « rêverie d’enfance autour de Jacques Tati » de Louise Walon, qui, dans les accessoires et costumes signés Macha Makeïeff, ironise sur la hiérarchie familiale en mêlant joyeusement théâtre, musique et cinéma, le festival décline des formes classiques (Hans et Gretel) et métissées (Grandir et variations pour un lapin), conjugue le cirque (Le Cirque Précaire) et le spectacle musical, « pour bébés et femmes enceintes » (Nokto )

ou la naissance d’un clown

A l’affiche également de Damien Bouvet, alliage du son, de l’onomatopée, de l’art du clown et du comédien, lequel, de toute évidence correspond pile aux visées de création magique et surprenante du festival.
En scène, bercée de ressacs et baignée de lumière blafarde de fonds marins, une forme insolite et rose s’agite et le public s’interroge. Est-ce un enfant crocodile échoué, et encore sans écaille ? un baleineau apeuré ? A moins que ce ne soit une de ces chenilles d’où émerge le vers à soie ? Deux petits yeux baladeurs surgissent puis deviennent nez. La larve devient forme humaine. De toute évidence nous assistons en direct à la naissance d’un clown. Le voilà qui surgit tétine au bec pataugeant dans un bain amniotique de nez rouges. On le voit grandir, découvrir son sexe, petit escargot intrigant et malicieux. De la sucette au cartable, du jeu de construction au bateau en papier, Damien Bouvet, en émule de Philippe Genty avec qui il a travaillé, joue de la métamorphose, tisse des images insolites, non pas pour dire, mais faire percevoir de manière aussi sensuelle qu’onirique deux ou trois choses qui occupent nos têtes : que la vie n’est pas aussi rose que ça, qu’il n’est pas si facile d’être un enfant et de grandir, que chaque instant nous transforme, nous forme et nous déforme.
Objet scénique non identifiable Né intrigue, décoiffe autant qu’il enchante les petits comme les grands.

de et avec Damien Bouvet 45’ Pour les 4-8ans Hôtel de Lauzun les 5 et 6 juin
Festival « O quatre vents » du 2 au 8 juin tel 01 44 54 75 21.

Photographie : de Damien Bouvet
© Philippe Cibille

A propos de l'auteur
Dominique Darzacq
Dominique Darzacq

Journaliste, critique a collaboré notamment à France Inter, Connaissance des Arts, Le Monde, Révolution, TFI. En free lance a collaboré et collabore à divers revues et publications : notamment, Le Journal du Théâtre, Itinéraire, Théâtre Aujourd’hui....

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