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Décès de la comédienne Emmanuelle Riva.

par Jean Chollet

Une grande carrière ponctuée d’amour

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A la veille de son 91ème anniversaire, le 24 février prochain, Emmanuelle Riva est décédée à Paris le 27 janvier 2017 des suites d’une longue maladie. Née de parents modestes d’origine italienne à Cheniménil, c’est dans ce village vosgien, qu’elle découvre la pratique théâtrale au sein d’une petite troupe locale et marque la naissance d’une vocation. Malgré l’opposition de sa famille, elle poursuit cet engagement et est admise sur concours à l’Ecole de la rue blanche (Ensatt) en 1953, avec une bourse d’études, trop âgée pour intégrer Conservatoire national d’art dramatique. Dans les premières années qui suivent cette formation, Emmanuelle Riva est l’interprète d’auteurs dramatiques auprès de divers metteurs en scène et semble se diriger vers une carrière sur la scène. C’est sans compter avec sa rencontre avec le réalisateur Alain Resnais, qui la découvre au Théâtre de l’ Œuvre en 1958 à l’occasion de L’épouvantail de Dominique Rolin dans une mise en scène de André Barsacq, et lui confie le rôle principal se son film Hiroshima mon amour d’après un scénario de Marguerite Duras. Sorti en 1959, ce film, sélectionné pour le Festival de Cannes, connaît une audience mondiale qui contribue à la reconnaissance internationale du réalisateur et de son interprète.

S’enchaîne alors pour celle-ci dans la continuité, une cinquantaine de collaborations dans des réalisations de divers cinéastes (de Franju et Cayatte, Melville à Bellochio, Toni Marshall ou Kiéslowski), avec un nouveau point d’orgue, lors de son interprétation bouleversante d’une femme octogénaire devenue hémiplégique, aux côtés de Jean-Louis Trintignant, dans Amour de Michael Haneke en 2012 (Palme d’or à Cannes), qui lui vaut un César et une nomination aux Oscars. Si sa carrière cinématographie a largement contribuée à sa renommée, Emmanuelle Riva a poursuivi en parallèle des interprétations remarquées pour le théâtre, qui restait profondément ancré dans son cœur, notamment auprès de Claude Régy, Jorge Lavelli, Roger Blin, Gabriel Garran, Jacques Lassalle ou Roger Planchon. Elle a retrouvé pour la dernière fois la scène et Marguerite Duras, lors de la mise en scène de Savannah Bay, par Didier Bezace en 2014. Magnifique comédienne, sensible, profonde et discrète à l’humour décapant, elle aura toujours témoigné dans ses différents rôles comme dans la vie d’une profonde humanité.
On pourra la retrouver à l’écran dans deux films réalisés en 2016, Paris pieds nus de Dominique Abel et Fiona Gordon, et Marie et les naufragés de Sebastien Betbeider.

Photo AFP

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