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Critiques / Théâtre

A y bien réfléchir et puisque vous soulevez la question, il faudra quand même trouver un autre titre un peu plus percutant par Les 26000 couverts

par Corinne Denailles

Les rois de l’embrouille

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Les 26000 remettent le couvert avec un spectacle au titre à rallonge qui en dit déjà long sur le caractère facétieux de la compagnie. A l’origine théâtre de rue, ils se sont mis à couvert depuis quelques années, ce qui ne signifie pas se ranger des voitures ! L’esprit est toujours impertinent, joueur, foutraque à souhaits. Mais celui qui hante le théâtre est du genre grognon. Il s’agirait de l’esprit d’un technicien mort subitement, à la veille d’obtenir les 507 heures nécessaires pour toucher ses indemnités d’intermittent ; on dit que depuis il erre dans les lieux à la recherche de son dossier.
Une des histoires pas marrantes qui constituent ce spectacle résolument drôle sur le thème de la mort écrit avec la collaboration de Gabor Rassov sur le mode d’une répétition d’un spectacle de rue (hommage aux débuts) d’une compagnie en résidence (pour 15 jours…). La situation de répétition, avec ses numéros ratés ou inachevés, offre quelques écueils (facilités du texte, manque de rythme) que le spectacle n’évite pas toujours. A partir de ce postulat selon lequel tout reste à faire à partir de pseudo-ébauches, tout n’est que faux-vrai théâtre, avec de vrais-faux metteurs en scène (au milieu desquels se cache le vrai comme le Charlie de la BD), un vrai-faux débat dit « bords de scène », plus vrai que nature avec ses questions-réponses typiquement sans intérêt. On brocarde gentiment les débats de fin de spectacle, les actions culturelles pédagogiques, des clichés de théâtre de rue, les ateliers d’écriture pour personnes âgées, la salle pleine de vieux profs, les séances de répétition, etc.

Sur un plateau encombré par un grand échafaudage et un beau bric-à-brac, les saynètes se succèdent : un théâtre d’ombres, de bouts de ficelle et de pots de yaourt raconte l’histoire du parasol fou qui s‘envole lors d’une tempête et met le feu à la ville ; éducation très spéciale à la citoyenneté et à l’écologie ; ils osent un pseudo attentat qui s’avère être une histoire de drogue qui tourne mal (le truand prend son revolver pour son tube inhalateur de Ventoline et se fait sauter la cervelle) ; scène très drôle avec cette enquête mélodramatique, façon Agatha Christie, sur un meurtre où, texte ânonné en main, tous s’avouent coupables.
Bien qu’inégal, le spectacle reste un véritable hommage au théâtre et à ses illusions, mise en abyme où tout est sujet à brouiller les pistes, à emberlificoter le faux avec le vrai pour finalement suggérer que le faux est souvent plus vrai que le vrai, plus vrai que nature.

A y bien réfléchir et puisque vous soulevez la question, il faudra quand même trouver un autre titre un peu plus percutant. Mise en scène Philippe Nicolle ; écriture collective avec la collaboration de Gabor Rassor. Avec Kamel Abdessadok, Christophe Arnulf, Aymeric Descharrières, Servane Deschamps, Pierre Dumur, Olivier Durueil, Anne-Gaëlle Jourdain, Erwan Laurent, Michel Mugnier, Florence Nicolle, Philippe Nicolle, Laurence Rossignol. Création musicale, Aymeric Descharrières ; costumes, Laurence Rossignol ; construction, Michel Mugnier ; lumères, Hervé Dilé. Au Monfort jusqu’au 17 mars 2017 à 20h30. Durée : 1h50. R2sa : 0156083388.

Photo Une Christophe Raynaud de Lage

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