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Yamato, les tambours du Japon

par Caroline Alexander

L’énergie contagieuse de percussionnistes volants

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Ils ont fait le tour du monde ou presque et ont été ovationnés dans tous les théâtres où ils ont fait escale. Ils n’étaient jamais venus à Paris. Leur performance au Casino de Paris électrise les corps et fait battre les pouls en chamades. Leur spectacle s’appelle « Shin-On : Le battement du cœur » : à le voir, à l’entendre il enflamme et prend la clé des champs.

En rouge, en noir, dans des jeux de lumières quasi hollywoodiens, ils sont une douzaine de garçons et filles aux muscles saillants et aux coiffures en pétard à ressusciter des rituels archaïques en une grand messe trépidante où la magie des tambours transcende les cultures. Il y a du jazz et du pop dans les sonorités arrachées des taikos de toutes tailles sur lesquels s’abattent des mailloches tantôt grosses comme le bras, tantôt en fines baguettes.

Un tambour de 400 kilos

A l’origine, le rituel des Yamato relève d’une essence purement religieuse. Leur nom fait référence à la ville de Nara où, à l’aube du VIIème siècle, s’épanouit le bouddhisme japonais. Tous les instruments sont traditionnels et ont une histoire, les tambours taikos, comme les kane, petites percussions au son vif argent, les kotos qui ressemblent à des cithares, et des flûtes en bambou… Au centre de la scène, en position surélevée, trône le miya-daïko un tambour de 400 kilos, matrice des âmes qui habitent les dieux et les hommes qui les font vibrer. Ici ou là des plages de pure méditation ponctuées de battements légers ramènent les corps à l’esprit, la frénésie physique au pouvoir spirituel.

Un plaisir d’être et de jouer irrésistible

Ces musiciens souples comme des lianes dansant leurs pas de chat, précis comme des lames qui découpent l’espace, ont des allures de samouraïs. Le Yamato serait-il un avatar d’art martial ? Un Kyudo dont les arcs et les flèches auraient pour cibles le cœur et le corps des dieux ? Les musiciens-danseurs sont entraînés comme des athlètes à part entière, la maîtrise de leur corps, de leur tête est telle qu’une fois sur scène, ils semblent se libérer, ajoutant à leurs prouesses une joie de vivre, un plaisir d’être et de jouer irrésistible.

Aux acrobaties étourdissantes, aux rythmes qui décoiffent ils ajoutent un élément majeur : l’humour. Masa Ogawa règle les rires en magicien, côté scène avec un irrésistible numéro de rivalité entre tambours, côté salle où le public semble, d’un clin d’œil, mis dans la confidence et où, plaisir extrême, il est amené à jouer les percussionnistes de ses mains et de ses pieds.

Ici on écoute et on rêve avec son corps et c’est un régal.

Yamato, les tambours du Japon – direction artistique Masa Ogawa.
Casino de Paris – jusqu’au 3 février 2008 – Location : 0 892 392 192

Crédit photo 1 : Hardy Müller
Crédit photo 2 : Lucienne van der Mijle

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