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Une calme rentrée lyrique… avec des creux

par Caroline Alexander

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La rentrée lyrique et musicale parisienne a mal démarré samedi 5 septembre à l’Opéra National de Paris-Bastille pour cause de grève organisée par le syndicat FSU, avec l’annulation de la reprise d’un succès largement rodé, Madame Butterfly de Giacomo Puccini dans les pastels glacés dont Robert Wilson l’avait parée dès…1993. Lundi 7 septembre, la première représentation d’une autre production phare Platée de Rameau au Palais Garnier dans la mise en scène joyeusement iconoclaste de Laurent Pelly avec Julie Fuchs en prise de rôle vedette a également été annulée. Aucune annonce n’a encore été faite pour les représentations suivantes et notamment pour le Don Giovanni de Mozart séduisant-sévissant depuis 2006 dans les tours de la Défense selon le cinéaste Michael Haneke, qui devrait commencer le 12 septembre..

Oser - Désirer - Frémir, la devise dont Stéphane Lissner, nouveau directeur de l’institution avait orné la façade de Bastille, aura eu des répercussions imprévisibles. Mais le phénomène n’est pas nouveau. Ses prédécesseurs en ont également essuyé les plâtres. Reste à espérer que les conflits auront été réglés rapidement pour pour la saison reprenne son cours et qu’on puisse le 23 octobre découvrir la première nouvelle production de sa première saison : Moïse et Aron de Schoenberg en ouvrira le bal . Le chef d’œuvre du fondateur de la musique atonale fait partie du répertoire de prédilection de Lissner. Il l’avait déjà programmé en 1995 au Châtelet qu’il dirigeait alors. A Bastille Philippe Jordan sera dans la fosse et Roméo Castellucci en assurera la réalisation (avec Thomas Johannes Mayer et John Graham Hall). Huit nouvelles productions, cinq reprises baliseront les étapes du voyage 2015-2016. Qui inclura une grande nouveauté maison : le regard vers les nouvelles générations avec la création inédite d’une Troisième scène, un lieu de création numérique qui à partir du 15 septembre proposera en ligne une quinzaine de rencontres, films et créations originales, lyriques et chorégraphiques. Un film de Mathieu Amalric, des animations de Carine Brancowitz seront les premiers à visiter. ( www.operadeparis.fr )

Avenue Montaigne, le Théâtre des Champs Elysées rouvrira ses portes au répertoire lyrique le 14 septembre avec le Freischutz de Weber en version de concert (avec Thomas Engelbrock, Véronique Gens). Il faudra attendre le 10 octobre pour y découvrir Theodora de Haendel, première version scénique de la saison assurée par Stephen Langridge. William Christie fin chineur des musiques anciennes assurera la direction d’orchestre. Sur scène brilleront les étoiles Philippe Jaroussky et Stéphanie d’Oustrac. L’ensemble de la saison comptera six opéras en version scénique, dix-sept en versions de concert, des récitals, des ballets et des spectacles jeune public. (www.theatrechampselysees.fr)

Pour la dernière saison articulée par Jean-Luc Choplin, le Châtelet, devenu grâce à lui le haut lieu parisien des comédies musicales reprendra à partir du 17 novembre son triomphe de l’année dernière, l’étourdissant Singin’ in the Rain mis en scène et éclairé par Robert Carsen, une merveille à ne pas rater (voir WT 4557 du 19 mars 2015). Cette reprise qui d’avance fait saliver de plaisir sera précédée par un concert de tambours taïwanais (U-Theatre/Beyond Time, 14-18 septembre), et un one-woman show de Valérie Lemercier (1er octobre-8 novembre). L’ensemble sera suivi en 2016 par une nouvelle séries de "musicals" à découvrir (Cole Porter, Stephen Sondheim…). (www.chatelet-theatre.com).

Fermetures pour travaux

L’année prochaine le Châtelet, tout comme le Théâtre de la Ville, son vis-à-vis, seront fermés pour travaux. Pour les mêmes motifs (importants travaux de ventilation, de sécurité, etc…) l’Opéra Comique a déjà fermé ses portes en juillet dernier et ne rouvrira qu’en décembre 2016 ! Il va drôlement manquer au paysage parisien. On ne reverra donc plus la salle Favart durant 18 mois ! Mais l’équipe désormais dirigée par Olivier Mantei qui a succédé à Jérôme Deschamps ne restera pas les bras croisés. Des événements de toutes et dans les lieux les plus divers seront à découvrir, tandis que les succès de la saison précédente (.Le Pré aux Clercs, les Mousquetaires au Couvent, les Fêtes Vénitiennes, Ali Baba etc …) partiront en tournées régaler les spectateurs en France, en Angleterre et même aux Etats Unis. www.opera-comique.com

Autre pôle de la vie musicale, l’Athénée-Louis Jouvet a baissé son rideau pour une année entière afin d’y effectuer des travaux de rénovation, et, pour des raisons de crise budgétaire, il ne produira aucun spectacle, aucun concert hors les murs avant de relever son rideau à l’aube de la saison 2016-2017.

Les institutions régionales ne sont pas épargnées : à Nancy l’Opéra National de Lorraine doit lui aussi se soumettre à des mises en conformité. D’importance plus raisonnable puisque le superbe bâtiment de la place Stanislas rouvrira ses portes dès la fin de l’année civile. Une nouvelle production de Orphée aux enfers permettra aux Nancéens de réveillonner aux rythmes trépidants et dansants de Jacques Offenbach. …. Cinq nouvelles productions suivront, dont des raretés d’hier comme l’Orfeo de Luigi Rossi ou d’aujourd’hui comme la poignante Rose Blanche d’Udo Zimmerman. www.opera-national-lorraine.fr

La Belgique entre travaux et fertilité

En Belgique, La Monnaie de Bruxelles, frappée par les mêmes impératifs de rénovation a déjà commencé son exode en fin de saison dernière (voir WT 4701 du 5 juillet 2015 le compte-rendu de Troika Rachmaninov présenté au Théâtre National de Bruxelles). Neuf opéras, dix concerts, des récitals et événements divers se répartiront dans sept lieux différents de la capitale bruxelloise jusqu’au 24 mars 2016 où le théâtre rouvrira ses portes pour accueillir Béatrice et Bénédict d’Hector Berlioz. Dès le 8 septembre, le Cirque Royal abritera une nouvelle production de L’Elisir d’Amore de Donizetti, et, à partir du 22 du même mois ce seront les Halles de Schaerbeek qui accueilleront la création en Belgique de Powder her face, opéra de chambre américain du jeune Thomas Ades. Une excellente nouvelle : l’institution dirigée par Peter de Caluwe voyageait sans directeur musical depuis la démission de Ludovic Morlot en décembre 2014. Dès le 1er janvier 2016, Alain Altinoglu, dont on connaît depuis longtemps le mélange de fougue et de finesse sera à la tête des formations musicales de la maison.(www.lamonnaie.be)

Parcours plus serein pour les deux autres maisons d’opéra de Belgique qui restent dans leurs murs traditionnels, à Liège, l’Opéra de Wallonie (rénové depuis peu) démarrera sa saison le 24 septembre avec le rare Ernani de Verdi dans une mise en scène de Jean-Louis Grinda, son ancien directeur. Une dizaine d’œuvres classiques, romantiques et nouvelles formeront la trame de la saison.www.operaliege.be

Entre ses deux pôles, ses deux belles salles d’Anvers et de Gand l’Opéra de Flandre-Opera Vlaanderen lancera sa saison à Gand le 19 septembre avec un Tannhäuser de Richard Wagner mis en scène par Calixto Bieito qui à coup sûr le fera sortir des sentiers battus. La salle anversoise lui ouvrira ses portes à partir du 4 octobre. Six autres nouvelles productions s’échelonneront d’une salle à l’autre jusqu’à l’été 2016. (www.vlaamseopera.be)

En France, en régions pas de remous particuliers mais des affiches alléchantes

A l’Opéra National de Bordeaux, Thierry Fouquet signe sa dernière saison à la tête de cette institution qu’il aura dirigée durant vingt ans au terme de son mandat totalisant plus de 200 productions pour 4.000 levers de rideaux devant 3.400.000 spectateurs ! Un palmarès où traditions, créations, jeunes talents et stars firent bon ménage. Le 24 septembre, Don Carlo de Verdi lèvera l’ancre à l’Auditorium sous la direction d’Alain Lombard et dans la mise en scène de Charles Roubaud. Six autres opéras se succéderont entre le Grand Théâtre et l’Auditorium (dont Les Chevaliers de la Table Ronde d’Hervé et Les Caprices de Marianne d’Henri Sauguet), des ballets, des récitals… Dans le florilège des 45 candidatures qui ont afflué à l’annonce du départ de Thierry Fouquet, c’est le chef d’orchestre Marc Minkowski qui a été désigné au final. www.opera-bordeaux.com

A Strasbourg, Marc Clémeur, patron de l’Opéra National du Rhin, toujours en poste malgré une envie passagère de céder le terrain, a axé sa programmation sur le thème de la « Résistance ». Le 26 septembre Penthesilea de Pascal Dusapin ouvrira la voie à la dizaine d’opéras programmés réunissant autour du leitmotiv choisi, des compositeurs aussi divers que Wolf-Ferrari, Janacek, Rossini, Wagner. Penthesilea est une création à part entière, une commande passé en co-production avec la Monnaie de Bruxelles où cette œuvre superbe, de rage et de sensualité a été créée en avril dernier (voir WT 4591 du 11 avril 2015) . Un événement à ne pas manquer. www.operanationaldurhin.eu

A Toulouse, le Théâtre du Capitole toujours animé par le l’inventif Frédéric Chambert lancera sa saison le 2 octobre avec une nouvelle production assemblant deux œuvres du XXème siècle, Le Château de Barbe Bleue de Bela Bartok et Le Prisonnier de Luigi Dallapiccola. Tito Ceccherini dirigera l’Orchestre National du Capitole, Aurélien Bory signera la mise en scène. Verdi, Sauguet, Campra (Les Fêtes Vénitiennes, tournée de l’Opéra Comique) Mozart, Rossini Gounod boucleront le programme classique. Au rayon des créations, le cycle Présences Vocales qui coche ses sept années d’innovations, révélera un éventail d’innovations de tous les sons toutes les couleurs. Chœurs et ballets complètent la panoplie. www.theatreducapitole.fr

La Damnation de Faust de Gounod par Kazushi Ono et David Marton lance le 7 octobre la saison de l’Opéra de Lyon. Onze productions suivront alternant musiques d’hier et de demain. Le Théâtre de la Croix Rousse en réalisera quelques-unes dont l’étrange étude du neurologue Olivier Sacks : L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau (révélé sous forme théâtrale par Peter Brook). Le « festival » annuel créé par Serge Dorny sera cette année intitulé « Festival pour l’Humanité », avec, en prélude La Juive de Jacques-Fromental Halévy, suivi de deux échantillons majeurs de cette musique qualifiée de dégénérée par les nazis L’Empereur d’Atlantis de Viktor Ullmann et Brundibar de Hans Krasa. www.opera-lyon.com

Saison de partage et de (re)découvertes pour Valérie Chevalier qui larguera les amarres de sa première saison à la direction de l’Opéra de Montpellier le 8 octobre avec le Cherubin coquin farceur de Massenet. Fille et mère, Juliette Deschamps pour la mise en scène et Macha Makeieff pour les décors le feront revivre sous la direction musicale de Jean-Marie Zeitouni avec Marie-Adeline Henry dans le rôle-titre du gamin qui aime se déguiser en gamine. Six autres opéras suivront dont quatre seront formulés en soirées double (Simon Laks/ Maurice Ravel- Kurt Weill/ Puccini, entre Puccini Turandot et Offenbach Geneviève de Brabant.. Des concerts sur tous les thèmes, musiques symphoniques, musiques de chambre et le dernier cru d’Opéra Junior cloront la boucle de cette saison inaugurale. www.opera-orchestre-montpellier.fr

Angers-Nantes Opéra démarre sa saison dès le 9 septembre à Nantes avec l’Heure Espagnole de Ravel en version de concert (direction Pascal Rophé). Des Histoires Sacrées signées Marc-Antoine Charpentier et Giacomo Carissimi se logeront ensuite hors les murs des théâtres dans les églises du Pays de Loire de septembre 2015 à mars 2016. Bertrand Cuiller dirigera l’Ensemble Stradivaria, Christian Gangneron assurera une mise en scène d’un nouveau type. L’Empereur d’Atlantis de Viktor Ullmann ouvrira en novembre, à Nantes, le cycle des opéras en version scénique classique (direction musicale Philippe Nahon, mise en scène Louise Moaty). Six autres opus lyriques dont deux créations jalonneront la saison jusqu’à l’été 2016. www.angers-nantes-opera.com

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