Verdi, Ravel et Berlioz au Théâtre des Champs-Élysées le 24 janvier

Un jeune homme de quatre-vingt-dix ans

Jean-Claude Casadesus, enthousiaste comme au premier jour, vient de célébrer en musique son anniversaire.

Un jeune homme de quatre-vingt-dix ans

EN 1957, JEAN-CLAUDE CASADESUS JOUAIT DES TIMBALES au Théâtre des Champs-Élysées ; la même année, il devenait timbalier solo de l’Orchestre Colonne. C’est donc presque naturellement qu’il a fêté son quatre-vingt-dixième anniversaire (il est né précisément le 7 décembre 1935) dans le même théâtre et à la tête du même orchestre (fondé, lui, en 1873). Issu d’une glorieuse famille de musiciens et de comédiens, Jean-Claude Casadesus est notamment célèbre pour avoir fondé, sur les ruines de l’Orchestre de l’ORTF Nord-Picardie, la brillante formation appelée aujourd’hui Orchestre national de Lille, dont le directeur musical, depuis 2024, est Joshua Weilerstein. Avec cet orchestre, Jean-Claude Casadesus a dirigé de nombreuses œuvres de Berlioz, à Lille bien sûr mais aussi au Théâtre des Champs-Élysées* : La Damnation de Faust, L’Enfance du Christ, les cantates du Prix de Rome, Cléopâtre, Les Nuits d’été, Harold en Italie et bien sûr la Symphonie fantastique.

Nous n’en sommes qu’au début

Et c’est la Fantastique, en berliozien toujours aussi passionné, que Jean-Claude Casadesus a inscrite au programme de son concert-anniversaire, quelques mois après que l’orchestre Les Siècles ont fait sonner la même œuvre, dans le même lieu. On aurait aimé que l’Orchestre national de Lille soit de nouveau présent sur la scène de l’avenue Montaigne pour fêter son chef fondateur, mais c’est à l’Orchestre Colonne, comme on l’a dit, qu’est revenu de célébrer l’événement. Un orchestre qui n’a peut-être pas la même cohésion, du côté des bois en particulier, le même sens des nuances et de la dynamique. Et puis, à la timbale, n’est pas Jean-Claude Casadesus qui veut !

Mais Casadesus, la silhouette impeccable, la baguette nerveuse, a conservé toute son énergie, comme il le montre aussi dans l’Ouverture de La Force du destin et dans le Concerto en sol de Ravel, joué en compagnie de son petit-fils Thomas Enhco, qui à la fin nous offre une libre improvisation sur des thèmes de la Fantastique. On imagine ce qu’un Liszt aurait pu faire en pareil cas dans les années 1830 ! À la fin de la soirée, le trompettiste Thomas Enhco, la soprano Caroline Casadesus (fille de Jean-Claude et mère des frères Enhco), mais aussi le violoniste Nicolas Dautricourt, le violoncelliste Gautier Capuçon et le comédien Pierre Arditi viennent participer à la fête. On souhaite une longue carrière à Jean-Claude Casadesus !

Illustration : Jean-Claude Casadesus par Jean-Baptiste Millot (dr)

* On se reportera au volume intitulé Je vais vous chanter du nouveau paru dans le cadre des Chroniques du Théâtre des Champs-Élysées.

Verdi : La Force du destin, ouverture – Ravel : Concerto pour piano en sol majeur – Berlioz : Symphonie fantastique. Thomas Enhco, piano ; Orchestre Colonne, dir. Jean-Claude Casadesus. Paris, Théâtre des Champs-Élysées, 25 janvier 2026.

A propos de l'auteur
Christian Wasselin
Christian Wasselin

Né à Marcq-en-Barœul (ville célébrée par Aragon), Christian Wasselin se partage entre la fiction et la musicographie. On lui doit notamment plusieurs livres consacrés à Berlioz (Berlioz, les deux ailes de l’âme, Gallimard ; Berlioz ou le Voyage...

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