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Critiques / Opéra & Classique

The Sound of Music de Richard Rodgers et Oscar Hammertstein II

par Caroline Alexander

Une mélodie à fredonner en chromos tout sucre, tout miel

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Un fond bleu semé d’étoiles, des montagnes enneigées en arrière-plan et à l’avant une blonde en « dirndl kleid » (robe tyrolienne) qui sourit aux anges : sur les murs de Paris le kitch cucul-la praline de l’affiche du Châtelet aurait pu faire ricaner plus d’un adolescent. Erreur, ils sont une nuée, petits et grands, enfants, parents et grands-parents à se précipiter pour découvrir la version scénique originale de cette Mélodie du Bonheur devenue universellement célèbre grâce au film que Robert Wise en tira en 1965 et à Julie Andrews sa vedette.

Joué sur toutes les scènes du monde, l’original mis en musique par Richards Rodgers et en paroles par Oscar Hammertstein II, n’avait jamais été monté à Paris. Jean-Luc Choplin, patron du Châtelet fidèle à sa politique des divertissements de fin d’année, a décidé, après Candide, West Side Story, On the town, d’en faire, à l’occasion du 50ème anniversaire de sa première apparition sur scène, son cadeau de Noël 2009 (voir webthea des 19 décembre 2006, 23 novembre 2007, 22 décembre 2008). Et il est reçu comme tel, comme une boite de chocolats où le fondant des pralinés se mêle à l’amertume des pâtes d’amandes. Car elle est vraie l’histoire de cette famille von Trapp, hobereaux d’Autriche qui préféra l’exil à la soumission aux nazis qui venaient d’annexer leur pays, comme est vraie, dans les grandes lignes, l’épopée de Maria la gouvernante musicienne qui convertit les sept enfants à la chanson, épouse leur père et transforme le clan en baladins américains.

Une Mélodie tout sucre, tout miel

Le metteur en scène espagnol Emilio Sagi, déjà présent au Châtelet pour l’inauguration de la nouvelle politique de Jean-Luc Choplin avec Le Chanteur de Mexico puis avec
la zarzuela La Generala (voir webthea des 26 septembre 2006 et 2 juin 2008), s’est emparé de cette Mélodie du bonheur tout sucre, tout miel et en a respecté chaque pastel, chaque ritournelle, chaque soupir : c’est un livre d’images sages (de Daniel Bianco) auxquelles il ne manque aucun flocon de neige sur les cimes, pas le moindre brin d’herbes dans les prés ni le plus petit détail de couleur locale aux costumes (de Jesus Ruiz). Et c’est justement ce côté album kitch qui en fait le charme car il s’associe aux airs connus et aussitôt fredonnés, au jeu naïf et sans chichis des interprètes.

L’orchestre Pasdeloup swingue allègrement sous la baguette de Kevin Farrel grand spécialiste des musicals made in USA, trois sopranos – Sylvia Schwartz, Christine Arand et Julie Fuchs vue le 18 décembre - se partagent le rôle de Maria et rivalisent, semble-t-il de grâce et d’aplomb. Le baryton Rodney Gilfry en capitaine père de famille, la soprano Kim Criswell en mère abbesse, et surtout l’adorable bande d’enfants von Trapp, trois fois sept petits comédiens chanteurs et chanteuses qui rivalisent (en alternance) de vivacité et de justesse.

Dommage que toutes ces jolies voix soient une fois de plus artificiellement amplifiées par la sono. Mais c’est la loi du genre : les comédies musicales y sont liées et… soumises. Les amoureux du lyrique le regretteront une fois de plus.

The Sound of Music – La Mélodie du Bonheur, musique Richard Rodgers, livret Howard Lindsay et Russel Crouse, paroles Oscar Hammertstein II. Orchestre Pasdeloup direction Kevin Farrell, mise en scène Emilio Sagi, chorégraphie Sarah Miles, décors Daniel Bianco, costumes Jesus Ruiz, lumières Caetano Vilela. Avec Sylvia Schwartz, Julie Fuchs et Christine Arand (Maria), Rod Gilfry, Kim Criswell, Jeni Bern, Laurent Alvaro….

Théâtre du Châtelet – jusqu’au 3 janvier 2010 – du lundi au vendredi à 20h, les samedis à 15 et 20h, les dimanches à 16h.

+33 (0)1 40 28 28 40 – www.chatelet-theatre.com

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