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Strasbourg lance sa cité de la musique

par Caroline Alexander

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L’appellation du nouveau haut lieu de musique strasbourgeois annonce sans fard le clin d’œil à son aîné parisien La Cité de la Musique qui règne depuis onze ans à la Porte de Pantin. De fait, La Cité de la Musique qui vient d’être inaugurée à Strasbourg rassemble avant tout les infrastructures de son ancien Conservatoire National de Région - 151 ans d’âge, le plus vieux de France - dont les pôles d’activité étaient jusqu’alors dispersés dans la ville.

Le long de l’Ill, en plein cœur du nouveau quartier culturel de la ville, tournant le dos à l’acier et au verre, le bâtiment conçu par l’architecte Henri Gaudin allie la modernité de ses lignes et de ses courbes à la couleur locale du grès des Vosges qui habille de rose chiné une partie des façades. « J’ai eu comme Goethe la flèche de la Cathédrale comme point de mire », souligne le maître d’œuvre qui compte à son actif la rénovation du musée Guimet à Paris, le stade Charléty, le grand Théâtre de Lorient et de nombreux logements sociaux. « Qu’il soit dans l’architecture question de musique, ce n’est pas rien !  », ajoute-t-il, se remettant peu à peu à des déceptions engendrées par quelques finitions bâclées. L’éternel problème des entreprises coincées entre échéances et budget : 30 millions d’euros dont 47% assurés par la Ville et sa Communauté Urbaine, 30% par le Conseil Régional et le Conseil Général, 21,65% enfin de l’Etat, via le Ministère de la Culture qui, malgré cette participation non négligeable, n’a pas jugé bon d’envoyer un représentant au jour J de l’inauguration.

Quarante-huit heures de fête

Une inauguration bruissante et bon enfant, un rien précipitée, avec quelques temps morts et un joyeux désordre qui ne gâta en rien le plaisir des Strasbourgeois de découvrir les multiples facettes, coins et recoins du nouvel espace offert à leurs loisirs et à leur formation : douze bâtiments en un, des puits de lumière à chaque tournant, un auditorium de 500 places aux murs lambrissées et aux sièges tapissés de toile grise, une bibliothèque, une centaine de salles de cours, des studios de danse et d’enregistrement, une salle d’orchestre, une salle de chœur, et, superbe réalisation qui s’élance en pointe, une salle d’orgue et son magnifique instrument construit par la Manufacture Mulheisen : 11 mètres de hauteur, 7 tonnes, 3 claviers, 29 jeux et un buffet dessiné par Henri Gaudin en personne. Quarante-huit heures de fête et de manifestations tous azimuts furent proposées gratuitement, histoire de faire connaissance des lieux et d’en tester les acoustiques.

Un programme de tout premier choix

Résultats satisfaisants sur toute la ligne grâce à un programme de tout premier choix réunissant, entre autres, des ensembles de jazz et de musique manouche, Sylvie Guilhem qui ouvrit le bal avec une heure de retard mais une grâce qui fit oublier le temps, le quatuor Hagen, des improvisations par Michel Portal à la clarinette, des polyphonies paradoxales de Michaël Lévinas, une installation sur fond beethovenien de Christian Boltanski et Franck Krawczyk (dans l’ancien conservatoire, histoire de le quitter en beauté), Vanessa Wagner au piano, Sonia Wieder-Atherton au violoncelle, l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, celui du Conservatoire, les Chœurs de l’Opéra National du Rhin et une série continue de concerts d’orgue par Christophe Mantoux, Daniel Maurer, Thierry Escaich... Quelques noms parmi d’autres qui valent un coup de chapeau Marie-Claude Segard, directrice et à Olivier Mantei, le programmateur qui réussit le tour de force de réunir tout ce beau monde.
Un nouveau Conservatoire de musique et de danse est donc né. L’événement est rare. D’autant qu’il ne se contentera pas d’accueillir ses 171 enseignants et ses 1709 élèves (de 6 à 19 ans et au-delà) dont 12% se partagent 46 nationalités différentes. Il abrite également le foyer du Festival Musica, manifestation phare dédiée à la musique contemporaine et ouvrira ses portes toute l’année durant pour des rendez-vous de concerts, récitals, ballets ouverts au public.

Crédit Photos : Atelier Henri Gaudin (Cité de la musique) ; R. Cifarelli / Phocus Agency (Michel Portal)

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