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Smoking, no smoking d’Alan Ayckbourn

par Marie-Laure Atinault

Fumer ou ne pas fumer telle est la question !

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Nous avons tous, un jour ou l’autre, pensé suite à une action :
« Ah si j’avais fais cela au lieu de ceci ». C’est sur cette problématique universelle du choix et du poids du hasard que l’auteur britannique Alan Ayckbourn a écrit cette pièce fleuve, puisqu’elle dure plus de 8 heures. Il propose une foultitude d’alternatives pour ses personnages. La pièce doit sa célébrité en France aux films d’Alain Resnais sur un scénario des duettistes de l’écriture Bacri /Jaoui. Ils avaient pris certaines pistes pour ce jeu de l’oie géant. Gwénaël Ravaux et Antoine Séguin ont pris à bras le corps cet ambitieux projet. Ils ont entièrement traduit l’œuvre. Puis ils ont choisis certains chemins que l’auteur, qui était peut-être scout dans sa jeunesse, a délibérément brouillés en un labyrinthe passionnant. Nous sommes en plein cœur de la campagne Anglaise. Célia n’est pas heureuse. Toby, son mari, est dépressif et alcoolique. En ce jour de grand ménage, elle surveille sa femme de ménage la lymphatique Sylvie. Elle attend Lionel, l’homme à tout faire du village, un peu jardinier, un peu bricoleur, un peu hâbleur. Elle voudrait du neuf dans sa maison et sa vie. En l’attendant, Célia hésite, doit-elle fumer sa première cigarette de la journée ou pas. Ce geste familier tenant presque du reflexe, devient cornélien. La suite de sa vie en dépend !

La grande simplicité du décor, réduit à 4 chaises de jardin, d’un parterre de gazon, suffira à nous propulser dans l’Angleterre profonde. Célia fume, et son couple est compromis. Elle va dans la remise avec Lionel ou bien elle n’y va. A chaque proposition nous voyons la contre proposition. Cette alternative de jeu avec un texte, qui parfois d’un mot glisse vers un autre sens, est une prouesse de jeu. Antoine Séguin jouera tous les rôles d’homme et Gwénaël Ravaux tous les rôles de femme. Une casquette vissée sur le front et nous voyons Lionel le jardinier un peu trop nature, une veste austère et c’est Toby. Un pull distendu et une attitude dégingandée et Sylvie la femme de ménage arrive, une petite robe et Célia prend possession du plateau. Du grand art ! Gwénaël Ravaux et Antoine Séguin ont choisi de nous offrir une version d’une heure quinze, de la pièce d’Alan Ayckbourn. Le ton est vif, les répliques drôles laissent la place au mal être des protagonistes, mais toujours teinté d’un humour So British. Le sommet étant le Tea time organisé par Célia et Lionel, qui restera dans les annales des cauchemars de toute bonne maîtresse de maison. Nous sommes tellement pris par le jeu des comédiens que les voir seulement tous les deux au salut nous déconcerte.

Si, pour les personnages la question est Smoking, No smoking, pour le spectateur il est impératif d’aller voir ce spectacle !

SMOKING, NO SMOKING, comédie dramatique d’Alan Ayckbourn
Mise en scène Éric Métayer, avec Gwénaël Ravaux et Antoine Séguin
Festival Off Avignon Théâtre des Béliers 16h

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