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Critiques / Théâtre

Sentier de dépendance de Marie de Beaumont

par Gilles Costaz

Une femme en tutu noir

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« Sentier de dépendance » : l’expression détourne le terme des économistes qui parlent de « dépendance de sentier » pour évoquer les lourdeurs des entreprises accumulées au cours de leur histoire. Mais, ici, cette dépendance, qui pèse sur l’héroïne solitaire de la pièce de Marie de Beaumont, est sentimentale ; elle repose sur un amour lointain qui ne s’efface pas. Danseuse, la jeune fille a abandonné la danse pour une longue relation avec un « écrivain palmé », c’est-à-dire couronné de prix. L’aventure s’est arrêtée. La jeune femme se souvient du passé, d’autres liaisons, de sa mère. Elle tourne en rond, bondit, se désespère, ressasse, jusqu’à ce que l’envie d’avoir un enfant la submerge.
Joli texte de Marie de Beaumont, qu’elle-même met en scène sans tomber dans le pathétique mais au contraire dans une vie tourbillonnante, à l’image du personnage frondeur et affranchi, et en laissant à la guitare électrique de Johann Grandin la place d’une partition émotive discrète . En tutu noir, Marie Delmarès, qu’on avait vue si remarquable dans l’Antigone de Sophocle montée par René Loyon, s’affirme là, à nouveau, comme une actrice aux multiples possibilités. Sa formation de danseuse lui donne une présence élastique dont elle n’abuse jamais pour composer un être à la sensibilité songeuse, très physique et très intériorisée, poignante mais moqueuse aussi. Elle porte et illumine le texte.

Sentier de dépendance, texte et mise en scène de Marie de Beaumont. Musique de Johann Grandin. Chorégraphe de Pascal Croce. Avec Marie Delmarès. Lucernaire, 19 h. Tél. : 01 45 44 57 34. Jusqu’au 13 mars.

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