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Critiques / Théâtre

Secret de et avec Johann Le Guillerm

par Gilles Costaz

Le cow-boy des hauts fourneaux

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Johann Le Guillerm est encore plus barbare que Bartabas.
Ses yeux bleus ont un regard noir ! Les tempes rasées, les cheveux partant en nattes, il surgit torse nu, le corps pris dans un pantalon sombre qui remonte jusqu’au nombril. Parfois, il endosse un manteau orangé.
Il marche avec des chaussures d’acier flexible, qui lui font des pieds de saurien. Il fait entendre des cris d’animaux pour faire croire une seconde qu’on est dans un cirque classique mais, vite, l’on comprend que ce que dompte cet étrange personnage, qui est le seul artiste de son cirque (néanmoins entouré de précieux assistants), c’est le métal et, plus généralement, la matière.
Il joue avec ce qu’il appelle des « sculptures de cirque », pièces métalliques qui résisteraient à n’importe quel hercule mais dont il trouve - en maîtrisant leur relative élasticité - l’équilibre et la légèreté. Il va même monter un cheval de fer ! C’est-à-dire une selle dominant une infinité de pointes d’acier qu’il parvient à faire avancer, lui dessus, cow-boy des hauts fourneaux, dans une démarche périlleuse et cahotique.

Après une moitié de spectacle où il défie exclusivement la résistance du métal, il passe à d’autres matériaux – papier, crayons, pots de terre – pour arriver au bois. Il met lentement en place une structure de planches en zigzag, dont il arrime chaque superposition, lentement, savamment avec des cordes. Il monte ensuite au sommet de ce frêle esquif. Lui et son équipe de sculpteurs (on peut voir leurs travaux dans une exposition appelée « Monstration & La Motte ») aiment aller jusqu’au bout des lois de l’équilibre et ils y vont ! Ce Le Guillerm, qui ne sourit jamais, ce barbare qui teste les éléments du monde en homme des cavernes affûté, ne ressemble à personne d’autre. On a pour lui l’admiration que les peuplades primitives avaient pour les animaux prodigieux.

Festival d’Avignon, Secret, un spectacle de Cirque ici , conception, mise en piste et interprétation de Johann Le Guillerm, création musicale et jeu en direct de Mathieu Werchowski et Guy Ajaguin. Cour du lycée Mistral, 22 h, jusqu’au 26 juillet. Reprise à Châlons-en-Champagne, 12-20 décembre, et à Grasse, 6-15 février. Tél. : 04 90 14 14 14.

Crédit photo : Philippe Cibille

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