Accueil > Philemon et Baucis

Critiques / Opéra & Classique

Philemon et Baucis

par Caroline Alexander

Jupiter et Mercure en mission

Partager l'article :

Ce "Singspiel" - littéralement "pièce chantée" -, composé par Joseph Haydn à l’usage des marionnettes, était destiné à faire voyager petits et grands de l’Olympe des dieux à la terre des hommes. Emilie Valantin, fine marionnettiste dont les Castelets en jardins furent révélés par le Festival d’Avignon en 1995, poursuit son investigation des répertoires classiques de théâtre et de musique, avec cette délicieuse percée dans le monde de Haydn et de ses divinités mythologiques...

Ils sont paresseusement installés sur les nuages joufflus qui leur servent de canapés : Jupiter, Mercure, Mars, Diane, Bacchus, Cérès, Vénus et leurs alliés tiennent conseil comme nos parlementaires en se plaignant de leurs administrés, ces humains qui ne leur rendent pas les honneurs qui leur sont dus et qui se chamaillent pour des queues de cerises. Jupiter et Mercure décident d’aller se rendre compte sur place et, déguisés en pèlerins, s’en vont quémander l’hospitalité. Ils sont reçus à coups de faux ou de chiens féroces. Partout portes et fenêtres leur claquent au nez. Sauf chez deux pauvres paysans, Philémon et Baucis, qui ont perdu leur fils tué par la foudre du dieu des dieux...

Un savoureux patchwork d’idiomes

Voilà pour le canevas de la fable qui se terminera par le pardon, la rédemption et la résurrection des morts injustement frappés. Les partitions du prologue ayant été perdues, Mirella Giardelli, la dynamique meneuse de jeu de l’Orchestre de l’atelier des musiciens du Louvre-Grenoble , lui a substitué des extraits de symphonies et des airs tirés d’ Orféo, de La Création, d’Armida, qu’elle éparpille tout au long du spectacle. Chantés dans leurs versions d’origine, en allemand, en Italien et même en français, l’ensemble forme un très savoureux patchwork d’idiomes, comme pour dire encore, s’il en était besoin, que le langage de la musique est universel.

Des angelots joufflus qui bécotent les divinités

Les irrésistibles poupées d’Emilie Valantin, angelots joufflus qui bécotent les divinités, les dieux en grand apparat, les paysans chenus, les moutons, les chiens et l’oie du sacrifice qui dodeline du bec... sont manipulés à vue par les chanteurs. Étonnante performance exigeant une double concentration, sur la musique et sur les gestes, dont les jeunes chanteurs du Nouveau Studio de l’Opéra de Lyon s’acquittent avec maestria et doigté : Anaïk Morel, mezzo (une révélation), Romain Champion, Edwige Parat , Nicolas Rouault. Ce délicat divertissement dure à peine 1h15. Il est une initiation ludique à la musique où l’on peut, où l’on doit emmener les enfants.

Philémon et Baucis, de Joseph Haydn, Atelier des musiciens du Louvre-Grenoble, direction musicale Mirella Giardelli, mise en marionnettes Emilie Valantin, scénographie Nicolas Valantin, lumières Gilles Drouhard, vidéos Philippe Thomas, les chanteurs du Nouveau Studio de l’Opéra de Lyon et les comédiens manipulateurs du Théâtre du Fust. Le 11 février au Théâtre de Cachan (01 45 47 72 41) ; le 12 février au Prisme d’Elancourt (01 30 51 46 06) ; le 17 février au Centre des Bords de Marne du Perreux (01 43 24 54 28) ; le 18 février à l’Espace Marcel Carné de Saint Michel-sur-Orge (01 69 04 98 33). Et aussi à Annecy, Echirolles et Rochefort.

Photo : Gérard Amsellem

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.