La rentrée des concerts de Radio France, les 10 et 11 septembre

Lenny, le National, le Chœur

Les orchestres de Radio France rentrent l’un après l’autre à la Maison (de la radio et de la musique). C’est au tour, d’abord, de l’Orchestre national, en compagnie du Chœur de Radio France.

Lenny, le National, le Chœur

C’EST LA RENTRÉE POUR TOUT LE MONDE. Constat banal qui nous donne cependant le plaisir de reprendre le chemin du 116, avenue du président-Kennedy, dans le 16e arrondissement de Paris, là où se situe l’auditorium de la Maison de la radio et de la musique.

Le 10 septembre, c’est l’Orchestre national de France qui ouvre le ban, sous la direction de Cristian Măcelaru, qui entame là sa dernière saison en tant que directeur musical (il cédera la place à Philippe Jordan la saison prochaine). Le programme de la soirée paraît composite mais s’explique par le destin de Măcelaru : directeur musical du Cincinatti Symphony Orchestra, il a choisi d’ouvrir le programme avec Bernstein ; chef d’orchestre parisien, il continue avec Saint-Saëns ; né à Timișoara et directeur du Festival et Concours George Enescu, il conclut avec son compatriote Enescu… qui fut élève de Massenet et Fauré au Conservatoire de Paris.

Des trois œuvres au programme, les Chichester Psalms nous séduisent le plus. Tonale sans être académique, explosive puis recueillie, elle mêle les souvenirs de la tradition hébraïque avec ceux de West Side Story, télescopage dont Bernstein seul détient le secret. Le Chœur de Radio France, qui effectue lui aussi sa rentrée parisienne, répond avec brio à un orchestre que Bernstein a voulu réduire aux cordes, aux cuivres et aux percussions. Eliot Louvet, soliste de la Maîtrise de Radio France, aborde la deuxième section de l’œuvre avec une belle sensibilité, dans la seule compagnie de deux harpes avant que le grand effectif s’impose de nouveau. Plus tard, un quatuor de violoncelles revient à la méditation, puis le chœur termine l’œuvre dans la douceur.

Presque rhapsodique

Nicolas Altstaedt est artiste en résidence, cette saison, à Radio France. On le retrouvera le 27 novembre et le 13 janvier, mais il interprète ce soir le Premier Concerto pour violoncelle de Saint-Saëns. Il met tout le feu possible pour interpréter cette œuvre concise, sans prétention, dont le menuet central prépare un final où il est possible de trouver un peu de lyrisme. Mais le violoncelliste a la bonne idée, en guise de bis, de s’allier avec Raphaël Perraud, premier violoncelle solo du National, pour nous offrir un mouvement lent poignant et grave d’une sonate de Jean-Baptiste Barrière (1707-1747).

Changement d’ambiance, une nouvelle fois, avec la Première Symphonie d’Enescu (créée en 1906 au Châtelet, sous la direction d’Édouard Colonne), compositeur dont Cristian Măcelaru a enregistré l’intégrale des symphonies avec l’Orchestre national de France, précisément (DG)*. Une œuvre qui déconcerte et enchante tour à tour. Après un premier mouvement plus touffu que tumultueux, avec force fanfares qui traduisent clairement le propos du compositeur (« Pour moi, la musique n’est pas un état, mais une action »), vient un Lento d’une belle étrangeté, introduit par des cors decrescendo. L’ambiance est presque rhapsodique, avec des chevauchements de timbres qui créent une atmosphère nocturne d’une belle matière. Le troisième et dernier mouvement, démonstratif, renoue avec l’ambiance du premier. La saison de l’Orchestre national semble bien engagée.

* Vient de sortir, par le Chœur de Radio France et l’Orchestre national de France, toujours sous la direction de Cristian Măcelaru : la Deuxième Symphonie « Résurrection » de Mahler (Naïve).

Illustrations : Cristian Măcelaru (dr) et Nicolas Altstaedt (dr)

Bernstein : Chichester Psalms - Saint-Saëns : Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1 - Enescu : Symphonie n° 1. Nicolas Altstaedt, violoncelle ; Chœur de Radio France (préparé par Karine Locatelli), Orchestre national de France, dir. Cristian Măcelaru. Maison de la radio et de la musique, 10 septembre 2026.

Prochains rendez-vous avec l’Orchestre national de France : les 16 et 17 septembre (Brahms, Moussorgski/Ravel) sous la direction de Gianandrea Noseda ; les 23 et 24 septembre (Al-Zand, Khatchaturian, Rimski-Korsakov) sous la direction de Cristian Măcelaru ; sans oublier un « Dimanche du National » le 13 (Clarke, Saint-Saëns).

Nous n’avons pas assisté au concert inaugural de l’Orchestre philharmonique de Radio France, le 11 septembre, sous la baguette de son nouveau directeur musical, Jaap van Zweden, qui reviendra le 25 dans un programme Wagner. Entre-temps, Maxim Emelyanychev aura dirigé Elias de Mendelssohn, le 18 septembre, avec, outre le Philhar, la Maîtrise et le Chœur de Radio France. Nous y reviendrons.

A propos de l'auteur
Christian Wasselin
Christian Wasselin

Né à Marcq-en-Barœul (ville célébrée par Aragon), Christian Wasselin se partage entre la fiction et la musicographie. On lui doit notamment plusieurs livres consacrés à Berlioz (Berlioz, les deux ailes de l’âme, Gallimard ; Berlioz ou le Voyage...

Voir la fiche complète de l'auteur

Laisser un message

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

S'inscrire à notre lettre d'information
Commentaires récents
Articles récents
Facebook