Perle noire au Palais Garnier jusqu’au 19 septembre
Musiques en hommage à Joséphine Baker
Quand chansons et accents jazzy se mêlent pour un spectacle hors des habitudes.

L’OPÉRA DE PARIS SORT DE SES COUTUMES de répertoire d’opéras, avec un spectacle, premier de sa saison, spécifié « théâtre musical ». De fait, Perle noire : méditations pour Joséphine, selon son intitulé, entend célébrer Joséphine Baker (disparue en 1975, pour les 120 ans de sa naissance et cinq ans après son entrée au Panthéon). Conçu par Julia Bullock et Peter Sellars en 2016, ce spectacle avait été présenté dans des lieux divers à travers les États-Unis. Paris et la France l’accueillent donc, comme il se doit pour la ville et le pays que Joséphine Baker avait adoptés. La musique due à Tyshawn Sorey, musicien de jazz, se combine avec des chansons d’époque de Baker et autres, des passages parlés, dans la mise en scène de Sellars, pour évoquer la vie de l’artiste et ses combats en faveur de la liberté d’expression, son action pour la reconnaissance d’une humanité universelle et contre les racismes. Les textes parlés revenant à la poétesse Claudia Rankine (afro-américaine comme Bullock et Sorey, pour évoquer les actes de la prêtresse noire du music-hall elle aussi de même origine – soit !).
Et musicalement
Le chant revient à Julia Bullock, soprano fixée en Allemagne (mais d’origine étatsunienne), ici sonorisée, qui, vêtue d’une robe noire en transparences se démène devant un plateau nu ponctué d’un seul élément de fond de scène constitué d’un cadre lumineux nu lui aussi au devant de marches d’escalier. À même le plateau, du Palais Garnier, se distribuent les instrumentistes de l’International Contemporary Ensemble (violon, flûte, saxophone, basson et guitare électrique) ainsi qu’un piano et des percussions à la charge de Tyshawn Sorey, qui dirige l’ensemble. Et c’en est tout de la mise en scène, avec les mouvements chorégraphiés (par Michael Schumacher) de la chanteuse campée en héroïne. Musicalement, le chant de la soliste délivre avec justesse ses chansons (en français et anglais), entrecoupées de poèmes parlés bien dits (seulement en anglais, cette fois). Alors que les instrumentistes lancent avec ardeur des accents de jazz contemporain conclus par une sérénade finale. Et le tout, sonorisé. On reste toutefois sur sa faim, pour un spectacle qui se traîne parfois (et peut-être quelque peu déplacé à l’Opéra de Paris). Mais pourquoi pas, pour célébrer une artiste de portée universelle ?
Illustrations : photos Benoite Fanton/OnP
Perle noire : méditations pour Joséphine. Textes parlés de Claudia Rankine, musiques de chansons et jazz. Avec Julia Bullock (soprano), International Contemporary Ensemble, dir. Tyshawn Sorey. Mise en scène : Peter Sellars.
Paris, Palais Garnier, 9 septembre 2026. Prochaines représentations jusqu’au 19 septembre 2026.



