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Critiques / Danse

Octopus, Philippe Decouflé, compagnie DCA

par Marie-Valentine Chaudon

Fantasmagorie enthousiaste

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Philippe Decouflé fait salle comble pendant un mois au théâtre national de Chaillot, avant d’entamer une tournée dans toute la France. Il présente son dernier spectacle, Octopus, une plongée dans les régions très habitées de son imaginaire. Avec cette création accessible et exigeante, il renouvelle sa quête de beauté dans la danse.

Philippe Decouflé est un créateur à part. Une singularité que l’on se réjouit de retrouver dans Octopus, une pièce à l’imaginaire aussi fourmillant que généreux. Cette « pieuvre » (« octopus » en anglais) réunit huit danseurs pour un voyage en huit étapes au cœur de songes délirants et poétiques. Plusieurs thèmes affleurent (l’amour, le désir, la place de l’individu face au groupe, etc.) mais s’estompent face au véritable objet de la création : une danse vivante et lumineuse. Decouflé en profite ici pour rendre hommage à la beauté des corps, qu’il montre volontiers dénudés et sensuels. Sur scène, les images fusent, au moins aussi rapidement que dans l’esprit inventif et gourmand du chorégraphe. Il joue par exemple la carte de l’émotion et de l’intimité, avec un magnifique duo formé par un grand danseur à la peau ébène et une petite danseuse à la peau diaphane.

Les contrastes l’inspirent autant que le fantasque ou l’humour, toujours en embuscade. Dans Octopus, des individus vêtus de costumes chevelus paradent en talons aiguilles. Des paires de jambes se baladent toutes seules et un peu plus tard des torses agressifs se défient. Entretemps, une créature aux allures de Shiva aura dispensé une leçon de philosophie pour le moins excentrique… Le complice de toujours, le comédien Christophe Salengro est là aussi, mais par la seule grâce de la technologie. Son visage surgit de temps à autre en toile de fond et sa voix égrène quelques aphorismes. Les mots, présents dans les précédentes pièces de Philippe Decouflé, demeurent ici assez rares. Le chorégraphe cherche plutôt, avec succès, à surprendre et régaler le regard. Il convoque la vidéo et d’étonnants effets spéciaux, qui se révèlent d’efficaces prolongement de la danse. Sans s’imposer, la technologie multiplie les possibles offerts par la chorégraphie comme dans cette séquence, formidable, où les danseurs, équipés de capteurs digitaux dessinent d’infinies rosaces colorées. Octopus est un spectacle complet, aussi par sa musique. La partition originale, à la tonalité très rock, a été composée par Nosfell et Pierre Le Bourgeois qui l’interprètent sur scène. Les deux musiciens ont notamment imaginé « leur » Bolero qui donne lieu, de la part de Decouflé, à un hommage léger au célèbre ballet de Maurice Béjart. C’est l’une des surprises de ce spectacle polymorphe. Une invitation à l’évasion, vers les contrées infinies de l’imaginaire.

Durée 1h30.
Jusqu’au 4 février à Chaillot, Paris (www.theatre-chaillot.fr 01 53 65 30 00).

Du 9 au 12 février à Annecy (Bonlieu : www.bonlieu-annecy.com, 04 50 33 44 11 ).

Du 23 au 26 février à Blagnac (Odyssud, www.odyssud.com, 05 61 71 75 15 ).

Du 24 au 26 mars au festival Escales Danse en Val d’Oise (www.escalesdanseenvaldoise.fr).

Du 30 mars au 2 avril à La Rochelle (La Coursive, www.la-coursive.com, 05 46 51 54 02).

Du 7 au 9 avril à Orléans (www.scenenationaledorleans.fr, 02 38 62 75 30).

Du 13 au 15 avril à Roubaix (le Colisée : www.coliseeroubaix.com, 03 20 24 07 07).

Du 4 au 6 mai au Havre (Le Volcan : www.levolcan.com, 02 35 19 10 10).

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