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Critiques / Théâtre

Nathan le Sage de Lessing

par Gilles Costaz

Eloge de la tolérance

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La tragédie de Gottold Ephraïm Lessing, Nathan le sage, revient régulièrement sur nos scènes. On se souvient, notamment, d’une interprétation par Sami Frey il y a quelques années, à Avignon, de cette pièce étonnante où, pendant le siècle des Lumières, un Allemand de religion protestante s’interroge sur la diversité religieuse et la cohabitation des différentes croyances. Lessing repeint à sa façon le temps des croisades. Des événements – une jeune fille sauvée par un templier, les activités d’un commerçant juif – se déroulent à Jérusalem sous l’autorité d’un musulman. Ce commerçant modeste, Nathan le Sage, va faire réfléchir toutes les communautés en présence, au nom de la tolérance religieuse.
Le jeune metteur en scène Laurent Hatat a délibérément transposé la pièce aujourd’hui. Son Nathan le Sage est joué par un remarquable Daniel Delabesse, le dos courbé, le manteau gris. Saladin (Azeddine Benamara) a l’occidentalisation voyante des rois du pétrole. Le templier (Alexandre Carrière) tient du jeune accoutré d’un pantalon militaire. La jeune fille sauvée de l’incendie (Sarah Capony) semble sortir de nos cités. Il y a là un tel éclairage secret des enjeux modernes du texte que le spectacle atteint sans distorsion une vérité contemporaine.

Nathan le sage de Lessing, mise en scène de Laurent Hatat, avec Daniel Delabesse, Sarah Capony, Azeddine Benamara. Après le théâtre du Nord à Lille et le théâtre de la Commune, Nouveau Théâtre de Besançon, tél. : 03 81 88 55 11, du 24 au 30 avril. Traduction de Dominique Lurcel chez Folio.

crédits photographiques : Eric Legrand

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2 Messages

  • Nathan le Sage de Lessing 17 avril 2008 14:25, par lurcel

    Juste une précision, mais importante : Lessing n’était pas du tout juif, mais protestant, et fils de pasteur. ce qui change totalement la question du regard.
    Amicalement
    Dominique Lurcel (traducteur de la pièce, et l’ayant mise en scène à 2 reprises en 10 ans)

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