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Critiques / Opéra & Classique

Les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach

par Caroline Alexander

Barcarolle sous les étoiles

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Depuis sept ans, l’opération Opéras en plein air promène quelques-uns uns des plus célèbres opéras du répertoire de château en château, utilisant le prestige de leurs façades comme autant d’écrins. Rien à voir avec les opéras joués en salle ni avec ceux produits dans des lieux à l’acoustique de légende comme le théâtre antique d’Orange. Ici on sonorise l’orchestre et les chanteurs comme pour un spectacle de variétés.

D’une production à l’autre le dispositif de base reste le même avec les instrumentistes qui jouent dans une fosse cachée au fond de la scène, un minimum de décors et d’accessoires, et l’utilisation d’une partie du lieu d’accueil, fenêtres ou balcons. Don Giovanni, La Bohême, La Traviata y connurent des bonheurs divers.

Avec Les Contes d’Hoffmann le système semble avoir trouvé ses marques. Ce dernier opéra du prolifique Jacques Offenbach déroule sans accrocs ses tableaux de farce et poésie sur les tréteaux aménagés par Guy-Claude François, décorateur inspiré qui accompagna notamment l’aventure du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine. De la taverne du prologue à la taverne de l’épilogue, de la poupée Olympia à la courtisane Giuletta, de Nuremberg à Venise et retour, les tribulations d’Hoffmann en quête de la femme idéale se laissent voir et entendre avec plaisir.

Le sens du loufoque de Stéphan Druet

Côté mise en scène, les débuts de Julie Depardieu ne manquent ni de style ni de gaieté. C’est la deuxième comédienne star de la saison à se lancer dans ce sport après Fanny Ardant qui fit de Véronique de Messager au Châtelet une jolie réussite (voir webthea du 25 janvier 2008). Mais à la différence de son aînée Julie Depardieu s’appuye sur l’expérience et le sens du loufoque de Stéphan Druet, l’un des piliers de la compagnie Les Brigands, experts en opérettes (Le Docteur Ox, Ta Bouche, Toi c’est moi). La chorégraphie très french cancan de Sophie Tellier, l’exubérance des chœurs achèvent le tour de charme de l’entreprise. S’il n’est guère possible de juger les chanteurs sonorisés sur leurs qualités de projection et de puissance, on peut en apprécier les timbres, le jeu, la présence. Agnès Amati endosse avec grâce les quatre rôles de séductrices, Hugo Artha (*) ceux des quatre diables dont il fait des personnages de BD, Pierre Espiaut bouffonne dans les rôles des quatre valets, Juliette Mars (*) passe de la Muse à Nicklausse tandis que Daniel Galvez Vallejo (*) campe un Hoffmann crédible. Philippe Hui, à la tête de l’Atelier Lyrique de Haute Normandie assure le swing d’une partition légèrement écourtée.

Si la météo est complice, l’évasion est assurée. On se sent en vacances. Et le public nombreux et enthousiaste, le plus souvent novice, prend – qui sait ? - goût à l’opéra…

Les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach, orchestre de l’Atelier lyrique de Haute Normandie, direction Philippe Hui, mise en scène Julie Depardieu et Stéphan Druet, décors Guy-Claude François, costumes Franck Sorbier, chorégraphie Sophie Tellier, lumières Philippe Lacombe. Avec Daniel Galvez Vallejo (*en alternance avec Niclas Oetermann), Agnès (*en alternance avec Mayuko Yasuda), Hugo Artha ((*en alternance avec Nicolas Rigas) Pierre Espiaut, Aurélien Pernay, Lionel Muzin, Marc Scoffoni, Carole Marais.

Champ de Bataille les 6 & 7 juin Jardin du Sénat, les 11,12,13,14 juin, Parc de Sceaux les 26,27,28 juin, Cité de Carcassonne le 5 juillet, Haroué les 5 & 6 septembre, Vaux le Vicomte les 11,12,13 & 14 septembre à 21h30

Crédit photos : Eric Mahoudeau pour Opéra en Plein Air

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