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Les 33èmes Francophonies en Limousin

par Dominique Darzacq

Une édition aux quatre points cardinaux de la langue

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Née en 1984 sous le nom de Festival International de la francophonie, cette manifestation a su évoluer sans renier ses rêves fondateurs, ceux d’être un espace de rencontres, d’échanges et de dialogues entre artistes des pays francophones, ouvert à la diversité des formes, attentif aux écritures d’aujourd’hui. Au fil du temps, le Zèbre, emblème du Festival, même s’il se fait plus discret sur l’affiche, n’a cessé de se barioler de « nouvelles zébrures » faisant de cette manifestation une Mecque où converge le vif d’une création sans aucun assujettissement et où se vérifie la vitalité d’une langue – le français – que la distance et le métissage ne cessent de fertiliser, un rendez-vous incontournable où, singuliers par leur art, divers dans leur approche, les artistes invités y dressent un « état de lieux » de notre planète, s’y font l’écho des tensions qui parcourent le monde contemporain.

N’y déroge pas cette 33ème édition, concoctée aux quatre points cardinaux, du Québec à la Suisse, de la Belgique au Congo en passant par le Burkina Faso, Haïti et la Syrie. Il y sera question de révolte, d’utopies fracassées, d’autres façons d’habiter le monde, des chemins douloureux de l’exil mais aussi d’amour, de rêves et d’espérance en quelques trente spectacles de théâtre, danse, musique, cirque, spectacles multidisciplinaires et d’autres aux formes inusitées qui échappent aux étiquettes.

Fidélités et innovations

On y retrouvera entre autre, le belge Patrick Carillon (La Maison vague), le congolais Gustave Akakpo qui signe avec Marc Abedjidji (Si tu sors je sors), le comédien Criss Niangouna qui avec Costume ou demi-dakar ? , signe et joue sa première pièce d’auteur. Pour leur part, l’auteur metteur en scène Julien Miabala Bissila et le chorégraphe DeLaVallet Bidiefono avec Trans nous proposent un carnet de voyage théâtral, musical et chorégraphique où se croisent de nombreux personnages dans des histoires drôles, tendres, décapantes d’où résonne parfois un cri de révolte contre l’héritage des pères.

« La Francophonie ne saurait se contenter de partager une langue, elle appelle au partage de la pensée, lorsqu’elle est meurtrie, pourchassée » explique la directrice du Festival, Marie-Agnès Sevestre, qui a tenu à inviter une équipe syrienne d’artistes exilés. Avec Je ne m’en souviens plus , ils nous feront entendre les voix qui jaillissent des geôles et des ruines en même temps que des paroles de vie et de résistance.
Avec Five kings, l’histoire de notre chute pièce du québécois Olivier Kemeid les Francophonies sacrifient en même temps aux spectacles au long cours (4h20) et à l’ année Shakespeare, qui marque le 400ème anniversaire de sa mort. « Ils sont cinq, ils se succèdent, se détestent, s’aiment, se trahissent, sont du même sang. Ils proviennent du fond des âges et, pourtant, ils sont d’aujourd’hui » nous dit l’auteur qui plonge les Rois de la Guerre des Deux Roses dans nos temps présents. Une saga contemporaine dans laquelle il tisse ensemble « le comique et le tragique, le lyrisme et le réalisme, le passé et le présent. De 1960 à 2015, les cinq dernières décennies, il déploie sur le plateau cinq règnes où se côtoient la beauté des utopies et le terrifiant des ambitions ».

Marathon du verbe et désordre dans la rue

Jamais à court d’invention pour mieux nous faire entendre la langue, ses contours, ses nuances et les pensées qu’elles charrie, outre les habituelles lectures , rencontres « au coin du bar » dont il s’émaille, le Festival s’achèvera par un véritable marathon du verbe avec Midi-Minuit : une bal(l)ade en langue française et en Francophonie . Une promenade singulière, savante et joyeuse ouverte à tous qui réunira des auteurs, des comédiens, des scientifiques et des saltimbanques. On y entendra, entre autres, une des grandes voix de la Francophonie, l’écrivain romancier haïtien, Lyonel Trouillot venu dans les bagages du Festival Des Quatre chemins, invité phare de cette édition. Puisqu’à Port-au-Prince, faute de scène, l’art est dans la rue, la pléiade d’artistes invités (poètes, musiciens, vidéastes, plasticiens) s’installeront dans divers lieux et bien sûr dans la rue où ils mettront « le désordre » le 23 en une manifestation insolite et festive. Pour Marie-Agnès Sevestre, cette invitation à un autre festival, permet d’aller à la rencontre d’autres idées, d’autres pratiques artistiques, et « avec le plaisir du décalage, mettre le public et les artistes en situation de suspendre leurs références habituelles »

Festival Les Francophonies en Limousin du 21 septembre au 1er octobre
www.lesfrancophonies.fr

Photos : Festival Les quatre chemins (Haïti) © Kollektif, « Trans » ©Evelyne Ventenat

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