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Critiques / Théâtre

Le Misanthrope de Molière

par Gilles Costaz

Une satire contemporaine

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Une scène nue, un sol bleu. Alceste et Philinte dialoguent sur la nécessité du mensonge et de la vérité. Une musique techno frappe en coulisses. La mise en scène de Dimitri Kocklenbring commence un peu faiblement sa transposition du Misanthrope dans un milieu branché d’aujourd’hui. Tout ne paraît fonctionner que sur des clins d’œil, sans que les acteurs trouvent l’intensité de leur personnage. Heureusement, le spectacle s’améliore de scène en scène. Entre en jeu un canapé qui va très intelligemment participer à l’action ! Et Kocklenbring développe son style sur deux tons : la satire contemporaine (tout l’univers de nos bourgeois friqués et frivoles) et un fantastique dans la lignée des caricaturistes qui transforment les hommes en animaux (des êtres humains à figures de renards et d’autres bêtes apparaissent en arrière-plan : un souvenir de l’illustrateur Granville ? ). Il y aura peu à peu pas mal d’idées amusantes pour évoquer les trahisons de Célimène et donner un ressort inattendu à la conclusion.

Le spectacle avait obtenu le prix des jeunes compagnies lors du concours du théâtre 13. Il le mérite par sa fantaisie et sa façon de tenir son pari de troquer un siècle par un autre. L’interprétation est inégale. En Alceste Tristan Le Goff a choisi d’être plus dans la douleur intérieure que dans la colère visible : ce n’est peut-être pas le bon choix. En Célimène Lorraine de Sagazan affirme une personnalité plus aguerrie, moins adolescente que ce que font les habituelles interprètes du rôle, et c’est un axe de jeu intéressant. Au total, la soirée est enlevée et emporte les spectateurs par son agréable malice.

Le Misanthrope de Molière, mise en scène de Dimitri Klockenbring, scénographie d’Héloïse Labrande, lumière de Claire Gondrexon, son d’Antoine Richard, costumes de Thalia Rebinsky, avec Tristan Le Goff, Lorraine de Sagazan, Thomas Zaghehoud, Joséphine Mikorey, Pierre Buntz, Inès de Broissia (en alternance avec Blandine Bellavoir), Romain Cottard, Nicolas Lumbreras (en alternance avec Dimitri Klockenbring). Lucernaire, 21 h 30, tél. : 01 45 44 57 34, jusqu’au 18 mars. (Dure : 1 h 50).

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