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Critiques / Théâtre

Le Kaddish de Grigori Gorine

par Gilles Costaz

Comme en 1925, au Théâtre juif de Moscou

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Cela se passe dans un village d’Ukraine, « jamais dessiné sur les cartes parce que le nom est plus long que le territoire ». Nous sommes au début du XXe siècle. La vie de Tévié le laitier n’est pas facile mais elle n’a pas à souffrir de la coexistence des différentes croyances dans le village. Tout le monde s’entend, ukrainiens et étrangers, orthodoxes et juifs. Des mariages vont prolonger ce climat de bonne entente. Mais un oukase tombe, terrible. Les Juifs doivent partir pour une « zone de résidence forcée ». Tévié ne veut pas l’admettre mais devra se résigner. Le village perdra une bonne part de son âme avec le départ de Tévié et de toute la communauté juive.
La pièce, inspirée par un livre du grand romancier yiddish Cholem Alïchem, est d’une grande force humaine : rien que de l’émotion simple et le goût de rire, quand la situation le permet. Le spectacle en déroule les événements dans un décor qui tourne sur lui-même et révèle les différentes pièces de la maison de Tévié, et autour de ce décor. Beaucoup de musique pour faire danser la vie ou grincer les cœurs désolés. Les acteurs, Daniel Martin dans le rôle principal, Marc Samuel, Chantal Trichet, Eléonore Briganti, Hélène Lausseur, Roland Timsit, Romain Rondeau incarnent toute cette petite humanité, qui va du marieur à l’écrivain public-aubergiste, en s’adaptant aisément aux codes de la mise en scène de Youlia Zimina qui rend hommage au théâtre GOdET (Théâtre juif d’Etat) fondé en 1925 par Granobski et Mikhoels. Il s’agit de jouer dans la quotidienneté en donnant à chaque type sa théâtralité et son sens populaire. Pari difficile et réussi puisque le bonheur et le malheur frappent là en plein cœur.

Le Kaddish de Grigori Gorine d’après Cholem Aleïchem, traduction de Patricia Champié, adaptation de Hélène Lausseur et Youlia Zimina, mise en scène de Youlia Zimina, collaboration artistique de Laure Favret, scénographie et costumes de Thibaut Fack, lumières de Serge Peyrat, avec Daniel Martin, Chantal Trichet, Eléonorez Briganti, Hélène Lausseur, Roland Timsit, Romain Rondeau, Alain Granier, Pascal Le Guennec, Marc Smuel François Kergoulay, et, comme musiciens, Berry Hayward, Dimitri Artemenko, Vadim Sher. Création au théâtre Jean Vilar de Suresnes, reprise le 9 décembre au théâtre Firmin Gémier, Antony, et au théâtre Romain Rolland, Villejuif, le 18 décembre. (2 h 10).

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