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Le 56ème Concours Reine Elisabeth de Belgique

par Caroline Alexander

Quand tout un royaume se met au piano

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A partir du 7 mai 2007 toute la Belgique se mettra au clavier. Flamands, Wallons, néerlandophones et francophones enterreront la hache de guerre de leurs querelles linguistiques et communiqueront en musique. C’est la force du concours Reine Elisabeth qui depuis 56 ans transforment les Belges en mélomanes le temps d’un concours aux retombées internationales. L’édition 2007 sera pour la quinzième fois consacrée au piano, elle réunira près d’une centaine de candidats d’une trentaine de nationalités différentes.

L’engouement quasi national pour un art réputé élitaire relève probablement d’un phénomène unique. Les faits témoignent d’une véritable mobilisation autour ce concours de musique créé en 1951 par la Reine Elisabeth de Belgique alors âgée de 75 étés. Petite femme frêle toujours de blanc vêtue, aimée et respectée de tous, elle décidait alors de remettre à flots le Concours Eugène Ysaÿe lancé en 1938 puis interrompu par la seconde guerre mondiale. La version d’origine était dédiée au violon, et c’est sur cet instrument que la manifestation prit son envol à l’orée des années cinquante. Le piano suivit de près, puis en 1988, sous l’impulsion de Gérard Mortier, ce fou d’opéra, alors directeur de La Monnaie de Bruxelles, le chant y gagna à son tour une place de choix. En 1991 enfin, après bien des tergiversations et de projets avortés un concours de composition biennal vint se greffer sur la manifestation, concours dont le lauréat voit son œuvre exécutée au titre de morceau imposé. Après s’être attribué une année de relâche entre deux sessions, le concours ne connaître plus de pose et alternera ses spécificités en continu. Car, dans la pays, on notait, paraît-il, un sentiment de manque durant les années blanches… Frustration désormais comblée.

Pas une école qui ne soit à l’écoute, pas un foyer qui ne soit, pour le moins, à l’affût des résultats. Car le concours accoucha de prix virtuoses qui firent le tour de la planète : Gidon Kremer, Léon Fleisher, Vladimir Ashkenazy, Vadim Repin, Mitsuko Oshida, Nikolaj Znaider, Marie-Nicole Lemieux, pour n’en citer que quelques uns.

Avec un budget d’environ 1,5 M€, le concours fonctionne davantage comme une entreprise privée que comme une institution d’Etat. Ce sont les sponsors et surtout les legs des mécènes qui en alimentent majoritairement le portefeuille, auquel s’ajoutent les recettes de la billetterie, et, pour une petite part, les retransmissions télévisées. Le gouvernement se contente de financer le deuxième grand prix attribué, soit une donation de 17.500€. Le premier prix de 20.000€, étant traditionnelement offert par la maison royale en la personne de la Reine Fabiola.

Les finalistes : Y. Ivanov, D. Zhu, A. Szalai, S. Matsuyama, K. Yonemoto, K. Okazaki, A. Baeva, A. Janke, S. Jaffé, M. Ovrutsky, S. Khachatryan & H.J. Kwun

Pour accueillir, héberger, véhiculer les 94 candidats de la session 2007, plus de 80 familles sont mises à contribution offrant gîte, couvert et souvent instrument d’étude, toutes évidemment bénévoles et. formidablement enthousiastes.

Du 6 au 12 mai, le Conservatoire Royal de Musique abritera les premières épreuves, suivies du 14 au 19 mai de la demi finale., Le Palais des Beaux-arts fera retentir les notes des finales du 28 mai au 6 juin. Des master classes animés par des membres du jury – Vladimir Kraiev, Leonid Margarius, Cécile Ousset et Anne Queffelec – seront ouvertes au public du 22 au 25 mai dans le très beau Musée des Instruments de Musique (MIM) voisin du Palais des Beaux Arts, bizarrement rebaptisé « Bozar », ce qui, vu le prestige de l’endroit ressemble, au choix, à une blague de potache ou à une faute de goût. Dont le concours n’est en rien responsable, cela va de soi.

A noter également une autre particularité du concours qui, jusqu’à la fin du mois d’août, organise des concerts des lauréats dans les principales villes de Belgique, au Luxembourg et jusqu’au vénéré Gewandhaus de Leipzig. C’est bien le seul concours au monde à se préoccuper du suivi et de l’avenir de ses enfants prodiges.

Concours Reine Elisabeth de Belgique, à Bruxelles du 7 mai au 2 juin 2007 –
Renseignements : +32 213 40 50 - info cmireb.be

Photo : Kyoko YONEMOTO (© Bruno Vessié)

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