Accueil > La Baby sitter de René de Obaldia

Critiques / Théâtre

La Baby sitter de René de Obaldia

par Jacky Viallon

Du vent dans le couple

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Après avoir écrit du roman et quelques recueils de poésie, René de Obaldia se tourne vers le théâtre à partir des années 1960. Il obtient rapidement un certain succès et l’une des toutes premières pièces Genousie lui vaut le prix des « U » et celui de la Critique. Il sera porté à la grande reconnaissance lorsque Michel Simon découvrira en 1965 Du vent dans les branches de sassafras fresque théâtrale à la mesure de sa juste et monumentale performance. Rencontre bien tardive puisque ce sera pratiquement le dernier grand numéro d’acteur de cette immense personnalité qu’était Michel Simon.

Et La Baby Sitter au Théâtre Falguiére, c’est plus sage ?

Que nenni ! C’est une pièce aux ambiances Feydeau pour ce qui est portes qui claquent et légèreté masculine, voir Labiche dans le rythme et le langage ciselé au fin naturel, peut-être Berkof pour sa franchise et sa cruauté inattendue. Si on accepte de rentrer dans ce jeu patchwork on y trouve du plaisir et c’est à voir et à entendre comme un moment de détente en voyeur primesautier - qui ne se sentirait pas vu en train de regarder par le trou de la serrure ! -

En effet le petit plateau du théâtre Falguière nous accueille quasiment comme des invités se rendant chez Elvire et Franklin. Ce dernier est représenté sur scène par Christian Baltauss bien accompagné... de sa belle prestance... Après un hiver du côté de la caméra et de l’écriture cinématographique le voilà, pour notre bonheur, qui vient nous fêter le printemps à l’Aire Falguière. Son jeu s’accorde bien à la tranquillité et la justesse de ton qu’apporte Anne Turolla dans son travail d’hyper vérité.

Il est certain que l’arrivée en boulet de canon de Séverine Cojannot toute en bonne sœur vêtue fait trembler les papiers peints.
Est-ce volontairement que le personnage serait parfois quelque peu dissonant ou l’effet est-il dû à l’exiguïté de l’espace qui surligne tout excès. Mais comme tout croquis au fusain certains traits se doivent d’être appuyés.
Il est vrai que la facture presque boulevardière, dynamique, de ce montage mériterait que cette joyeuse équipe se produise dans un lieu plus adapté à la vélocité de la mise en scène de Georges About. Le décor de Jean-Marie Granghaud tire bien partie du lieu et ses trompe-l’œil de guingois accentuent la dégradation du couple qui s’effiloche de décadence en décadence…

Mais tenez bon la barre le théâtre, lui, tient encore bon vent !
Signalons quand même, au passage, que ce sont actuellement ces petits lieux qui entretiennent les frémissements de notre théâtre.
ça crépite encore dans pas mal d’endroits et d’espaces de la capitale et la flamme, héroïque se maintient et se transmet. N’est-ce pas là l’essentiel ?

La baby sitter Mise en scène Georges Aboutavec :Christian Baltauss Séverine Cojannot AnneTurolla
Décor : Jean Marie Granghaud
Costumes :Frédéric Morel
Musique :Nicolas Peigney
Casting :Didier Dray
Assistante à la mise en scène :Ann Fauchait
à l’Aire Falguière 55 rue de la Procession 75015 Paris
du 15 mai au 13 juillet 2008
les jeudi, vendredi, samedi à 20H45
dimanche à I7H30
relâche le dimanche 22 juin
Tarif plein 10 euros -Tarif réduit (étudiants, chômeurs) 7,50 euros

Crédit photo : Richard BALTAUSS

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.