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Critiques / Opéra & Classique

L’incoronazione di Poppea

par Caroline Alexander

Monteverdi de toc et de tics

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On ne pouvait rêver mieux : René Jacobs et son Concerto Vocale dans la fosse, Anne-Sofie von Otter (Octavie), Patrizia Ciofi (Poppée), Anna Caterina Antonacci (Néron), Lawrence Zazzo (Ottone), Antonio Abete (Sénèque) Dominique Visse (la nourrice), sur le plateau et l’écossais David McVicar, heureux aux commandes de la mise en scène. La déception fut à la mesure de l’attente. Cruciale.
Promesses tenues musicalement pourtant, tant par la direction d’orchestre, en parfaite adéquation avec cette musique-là, une musique dont Jacobs connaît les recoins les plus secrets, tous les élans et dont il sait à merveille faire swinguer l’âme. Le Néron d’Anna Caterina Antonacci, que l’on entendra en janvier à Garnier dans le rôle de Poppée, possède les couleurs et les vivacités du rôle, Anne-Sofie von Otter insuffle un sens tragique au féminin à sa pauvre Octavie, Patrizia Ciofi, minaude beaucoup, sans pour autant trop altérer la légèreté de son timbre. Antonio Abete en vieux philosophe, Lawrence Zazzo en amoureux transi sont irréprochables et auraient pu à juste titre triompher si le metteur en scène ne les avait pas embarqués dans une nef de vulgarité. McVicar s’était fait connaître en France par de savoureux rajeunissements apportés à deux opéras du prolifique Haendel, Agrippina et Semele. Des succès qui lui ont fait découvrir les filons de ce qu’il espérait peut-être devenir une mine d’or : la transposition dans l’actualité du jour du contenu d’œuvres écrites il y a trois cents ans. Sur la lancée du procédé, Néron devient un junkie coiffé Michael Jackson, Poppée une baby doll, Othon un cadre sup de multinationale, Sénèque un adepte de la télé-réalité, la nourrice, une drag queen déjantée, Valleto un rappeur obscène... Sans oublier CNN et les élections américaines... Trop, c’est trop. A ce niveau de mauvais goûts, de toc et de tics, il ne reste qu’à fermer les yeux...

Concerto Vocale, direction musicale René Jacobs, mise en scène David McVicar, décors Robert Jones, costumes Jenny Tiramini, avec Patrizia Ciofi, Anne-Sofie von Otter, Amel Brahim-Djelloul, Lawrence Zazzo, Anna Caternia Antonacci, Tom Allen, Dominique Visse.

Théâtre des Champs Elysées du 13 au 23 octobre, en coproduction avec l’Opéra National du Rhin, le Deutsche Staatsoper Berlin et le Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles.

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