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Critiques / Comédie & Humour

L’Or et la Paille de Barillet et Grédy

par Marie-Laure Atinault

La fable sociale de Barillet et Grédy, de l’Or en barre pour rire avec élégance.

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En France, le succès est toujours suspect. Les artistes peuvent être à la fois adulés et « méprisés » surtout si ils font rire. Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy firent les beaux soirs du théâtre de Boulevard. Une pièce de ce tandem étant assuré de dépasser allégrement la Centaine de représentations, frisant pour certaines la millième. Si les salles étaient pleines d’un public reconnaissant, la critique n’était pas tendre. Que ce soit Fleur de Cactus, Potiche ou Quarante Carats les défenseurs de ces barons du rire étaient rares. François Ozon en adaptant fort bien Potiche pour le cinéma, a donné un nouvel éclairage sur ce théâtre bien ficelé et qui offre de merveilleux rôles aux comédiens et surtout aux comédiennes. Sophie Desmarets, aujourd’hui bien oubliée, fut une secrétaire inoubliable dans Fleur de Cactus, qu’elle créa avec Jean Poiret, aux Usa ce fut Lauren Bacall pour le théâtre puis Ingrid Bergman au cinéma qui furent amoureuses de leur dentiste. Jacqueline Maillan fut un belle Potiche, mais aussi une Folle Amanda et se dédoublant pour Lily et Lily.

L’Or et la paille fut crée en 1956, dans une mise en scène de Jacques Charron. Lorsque l’on y regarde de plus prés dans toutes leurs pièces il y a une analyse très juste de l’humain. Nous avons affaire ici à un couple de jeunes gens qui sont des piques assiette de haut niveau. Géraldine et Thierry n’ont aucune moralité. C‘est leur force. Pour l’heure, ils vivent chez un cousin de Thierry imprudemment en voyage. Sa cave est bue, ses provisions consommées et ses vêtements portés. En somme ils sont pour le partage des richesses, surtout celle des autres. Mais voilà la manne du cousin s’amenuise, il faut trouver une solution, et plutôt des pigeons. Pour Géraldine un industriel tout terne, tout gris, mais qui se révélera. Pour Thierry, une exubérante sud- américaine qui porte des bijoux énormes. Les jeunes gens pêchent par excès de jeunesse, ils pensent tout savoir et que leur jeunesse est une arme absolue. En face d’eux leur pigeon(,) se révèlent des oiseaux qui savent se défendre et leur coup de bec seront sans pitié.

Jeanne Herry a choisit un décor qui respecte les lois du genre, des portes qui doivent claquer, un canapé, un bar. Eléments indispensables au théâtre de Boulevard. Le décor et la scénographie de Jane Joyet sont modernes et décalés. Une chorégraphie amusante aide aux changements de décor. On sent que Jeanne Herry s’est bien amusée avec cette pièce résolument immorale mais qui offre, à la manière des Fables de Lafontaine une leçon de vie. Elle n’a pas cherché à intellectualiser le texte, elle a compris que les auteurs avaient fait de la belle ouvrage. Ces duettistes savent doser leur cocktail détonnant un tiers de cynisme, un tiers de pure comédie, un tiers de lutte des classes et un bon tiers d’originalité le tout arroser d’eau de seltz pour les bulles ! Au théâtre depuis Pagnol on peut faire des mélanges avec 4 tiers. Ce spectacle est un exemple pour cette fameuse réconciliation du Privé et du Public. Il est efficace, drôle et surtout très bien joué, quel plaisir de voir Hélène Alexandridis, étourdissante.
Qu’il soit créer au théâtre du rond point est une bonne idée car il permet à un public par à-priori réfractaire au théâtre dit de boulevard de découvrir un territoire théâtral qui réserve non seulement de jolies pièces mais des pépites.
A quand la reprise de Quarante Carats ???

L’Or et la Paille de Barillet et Grédy
Mise en scène de Jeanne Herry
Avec Hélène Alexandridis, Olivier Broche, Céline Martin-Sisteron, Loïc Riewer
Théâtre du rond point jusqu’au 11 avril
www.theatredurondpoint.fr
Théâtre de l’Ouest parisien de Boulogne Billancourt du 15 au 17 avril
http://www.top-bb.fr/

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