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Critiques / Théâtre

L’Ecclésiaste » Adaptation de Jean O’Cottrell d’après les paroles de Qohélét, dit l’Ecclésiaste.

par Jacky Viallon

Tout est fumée

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Fin limier pour dénicher des textes riches en belles réflexions et langues bien tournées Jean o’Cottrell a exhumé des paroles et des pensées de Qohélét une sorte de continuité littéraire qui donne à la scène, selon l’esprit de l’auteur une espèce de conférence, disons l’exposition publique d’une réflexion sur l’exploration de la condition humaine. On voit alors sur le plateau un être déterminer à prendre les chemins philosophiques de l’orateur original.

Bien que ces chemins soient tortueux, la pensée n’en est pas moins vagabonde et alléchante. En l‘orateur Qohélét (Auteur tentant de se faire passer pour le roi Salomon. Son texte hébreu est caractéristique d’une langue tardive, avec des termes empruntés à l’araméen et au persan. L’ouvrage a du être rédigé au début de la période grecque, peut-être au début du 3° siècle avant Jésus-Christ) on retrouve des sortes de directives de prime abord relativement épicurienne sollicitant chez l’individu un penchant naturel qui est le bien vivre. Mais l’ensemble des textes met à jour la difficulté de l’être humain à échapper à la course du possessif et de la possession, de la conquête et du pouvoir. Irrémédiable et naturel propension à ignorer le bonheur à portée de main, bonheur que l’on peut régir par la simplicité d’une écoute et d’un regard désintéressé du monde.

Mais Jean O’Cottrell, grand aventurier des textes perdus, ne se satisfait pas de ses talents de chercheur et d’adaptateur, c’est aussi un vrai comédien, un passeur de mots, il actualise le texte, bien qu’encore pertinent à ce jour.
Il lui donne des sons probablement moins entendus qu’à la lecture. Sa prestance lui permet d’oser errer sur le plateau comme un fauve blessé par toutes les contradictions qui tourmentent l’homme. Il y a effectivement en lui, malgré une fragilité apparente, une force étonnante. Il oublie et dépasse sans doute les contraintes suscitées par son metteur en scène Philipe Adrien dont on peut saluer le travail de direction d’acteur.

La remarque n’est pas nouvelle : ces deux compères de plateau n’en sont pas à leur première complicité.

« L’Ecclésiaste » Adaptation et interprétation de Jean O’Cottrell, mise en scène : Philippe Adrien, scénographie Olivier Roset, costumes Claire Belloc, piano Jean-Marie Sénia. Lumières Pascal Sautelet, son Stéphanie Gibert.

Du 15 septembre au 15 Octobre 2006 du mardi au samedi à 21H, dimanche 15 h. Théâtre de la Tempête Cartoucherie de Vincennes 75012 Paris. Réservation : 01 43 28 36 36.

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