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Critiques / Théâtre

L’Apprentissage de Jean-Luc Lagarce

par Gilles Costaz

Naissance et renaissance

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On a du mal à croire que L’Apprentissage de Jean-Luc Lagarce est le résultat d’une commande passée sur le thème de la naissance. Ce que l’auteur de Retour à la citadelle conte dans ce monologue, c’est l’école de la douleur, de l’hôpital, de la dépendance dans le huis clos médical. Mais – et c’est par ce biais qu’on comprend la logique de cette réponse imprévue –, c’est aussi le récit d’une renaissance. Ayant subi un certain nombre d’examens, ayant réappris à vivre d’une manière plus primaire et immédiate, ayant senti l’importance de tout l’appareil humain (« Lorsque j’ouvre les yeux j’ouvre les yeux », dit-il), ayant entendu parler les visiteurs venus saluer d’autres malades, le narrateur n’est plus le même. Il renaît, d’autant plus qu’il est libéré. A la fin du texte, il franchit les portes de l’hôpital et retrouve l’agitation de la ville. Il n’y a que nous qui savons que Lagarce mourra du sida en 1995 deux ans après la rédaction de L’Apprentissage.
Sylvain Maurice a conçu un spectacle minimal. Pas de bluff, pas de théâtral ! L’acteur, Alain Macé, arrive dans un décor neutre. Il est habillé comme on est à la ville, avec chemise et cravate. Puis il devient un fantôme comme on est à l’hôpital, mais le costume est réinventé, blanc et spectral. Macé ne dit pas le texte dans la souffrance. Dans un jeu sobre, il en fait secrètement danser les syllabes, de même que sa silhouette exprime non pas la maladie mais la vie. L’éclairage va s’adoucissant, jusqu’à une lumière limite. Mais tout est défi et chant de vie, avec une émotion d’autant plus forte qu’elle n’est jamais sollicitée.


L’Apprentissage de Jean-Luc Lagarce, avec Alain Macé, mise ne scène de Sylvain Maurice, lumière de Xavier Mélot, son de Jean de Almeida, production Les Déchargeurs en accord avec le Nouveau Théâtre de Besançon. Les Déchargeurs, Paris, 19 h, du mardi au samedi, jusqu’au 25 octobre 2008. tél. : 08 92 70 12 28 (durée : 55 ‘).

Crédit photo : I Fou - Lepôlemédia

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