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Critiques / Théâtre

J’ai couru comme dans un rêve par Les Sans Cou

par Jean Chollet

Que faire du temps qui reste ?

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Créée en 2004, la compagnie Les Sans cou a fait preuve depuis son existence d’un éclectisme manifesté lors de ses six créations précédentes, en alternant les auteurs classiques ou contemporains et les formes de représentation. Elles témoignent d’un engagement artistique orienté sur une volonté de faire bouger les lignes et les poncifs théâtraux, pour mieux entrer en résonance avec le monde d’aujourd’hui. Cette dernière création, pour laquelle la compagnie a reçu le premier Prix Théâtre de l’Adami, est le fruit d’une création collective allant dans ce sens, en reflétant les expressions liées à leur pratique et à leurs aspirations.

A trente ans, Martin (Paul Jeanson) est informé qu’il souffre d’une tumeur au cerveau incurable qui lui laisse peu de temps à vivre. Dans le même temps, il apprend que sa compagne Sarah (Ester van den Driessche), danseuse en tournée à l’étranger porte leur enfant. A partir de cette situation s’engage la nécessité de trouver appuis auprès des proches et de la cellule familiale, composée de la sœur de Martin, Blandine (Eléonore Jonquez - Simon) et des ses deux frères (Arnaud Peiffer et Romain Cottard) dont l’un est présentateur - auteur à la télé, flanqués d’un pittoresque oncle Ben’s (Fréderic van den Driessche) qui s’est substitué aux parents disparus. Au fil de leurs rencontres, de leurs échanges et de leur quête existentielle, émerge dans l’urgence la nécessité d’un retour aux valeurs essentielles pour accomplir sa vie à l’ombre d’une mort annoncée. Une problématique, qui, sans être nouvelle, a une portée universelle.

Elaborée à partir d’improvisations donnant naissance à l’écriture d’un texte (à paraître aux éditions Archimbaud Editeur et Riveneuve Editions) restant ouvert au fil des représentations, la mise en scène de Igor Mendjiski s’inscrit dans l’esprit de la proclamation de la compagnie en forme de manifeste. “ Nous voulons un théâtre en mouvement, un théâtre de l’inattendu, un théâtre en rupture, incontrôlable, un théâtre vivant ! ”. Noble et louable ambition. Elle ne trouve pas encore sa totale plénitude dans ce long spectacle qui, sur sa durée, n’évite pas quelques stéréotypes et procédés dont Les Sans cou souhaitent s’éloigner. Mais il y a cependant dans cette création un souffle tonique et joyeux permettant d’ aborder des sujets graves avec une légèreté judicieuse, qui rend palpable le drame qui se joue entre les rires et l’ émotion. En associant, dans l’espace dépouillé et mouvant de Claire Massard en relation de proximité et de complicité avec le public, un jeu en constante mutation, une chorégraphie signifiante (Ester van der Driessche), et les musiques et les chansons interprétées par un crooner (Clément Auber). A travers les formes présentées, qui fusionnent ou s’entrechoquent, une manière aussi d’interroger le théâtre pour lequel Les Sans cou œuvrent avec liberté et vitalité dans un bel esprit de troupe.

@ Anne Nordmann

J’ai couru comme dans un rêve, création collective Les Sans cou, mise en scène Igor Mendjiski, avec Eleonore Joncquez-Simon, Esther van den Driessche en alternance avec Camille Cottin, Esther van den Driessche, ClémentAubert, Romain Cottard, Paul Jeanson, Arnaud Pfeiffer, Frédéric van den Driessche. Scénographie Claire Massard, costumes May Katrem, lumière Thibault Joulié, chorégraphie Ester van den Driessche. Durée 2h45 avec entracte. Théâtre Gérard Philipe Saint-Denis jusqu’au 27 avril 2013.

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