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Critiques / Opéra & Classique

IDOMENEO de W. A. Mozart

par Caroline Alexander

La lumière de Joyce di Donato

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La reprise de cette production présentée en novembre 2006 à Paris, après Milan où elle fut créée, apporte peu de surprises (voir webthea du 5 décembre 2006). La mise en scène de Luc Bondy reste confinée à une conception sans parti pris tapageur et sans fantaisie.

Les décors de Erich Wonder, entre grève, dunes sur sol de plastique et mur aveugle de style bunker censé figurer palais et appartements royaux, n’ont guère évolué ni embelli, et seules les images de mer en folie et de cieux ravagés des fonds de scène apportent une indispensable note de poésie. Les costumes sont toujours sans identité et les robes des deux femmes toujours aussi abscons : qui expliquera pourquoi Electre, dans ces paysages de mortelle solitude, porte une tenue de bal noire à crinoline et pourquoi Illia, la princesse chaussée de godillots s’enlaidit d’une méchante robe de pensionnaire qui ôterait toute velléité de séduction à une elfe échappée d’un conte de fées ?

Reste heureusement la musique de ce Mozart de 24 ans répondant à une commande du Prince Electeur de Bavière pour célébrer le carnaval de Munich, une musique de jeune maturité exploitant toutes les ressources de son génie. Comme en 2006 Thomas Hengelbrock la sert et la porte dans toutes les couleurs et les nuances d’un mozartien amoureux. L’orchestre fait corps avec sa direction à la fois légère et passionnée.

L’oeil écoute

On dira donc une fois de plus qu’ici l’œil écoute plus qu’il ne voit. D’autant que la distribution tient presque toutes ses promesses. Nouveau venu Paul Groves endosse l’uniforme déglingué d’Idoménée, le guerrier victorieux rescapé d’une tempête où Neptune lui a fait promettre de sacrifier le premier homme qu’il rencontrera et qui s’avèrera être Idamante, son fils. La coloration de son timbre n’est pas exactement celle qui sert idéalement cette musique là, mais il en compense les faiblesses et quelques décalages par une vaillance qui fait mouche. Camilla Tilling est toujours une Illia de grâce et d’élégance intérieure, Mireille Delunsch en revanche semble peiner à retrouver les belles richesses de sa voix. Reste enfin pour le bonheur de Mozart et du nôtre la belle mezzo soprano américaine Joyce di Donato qui additionne tous les atouts : la démarche altière, la sincérité du jeu et cette voix à la fois claire et ardente. Elle est la lumière qui éclaire les nuits d’encre du spectacle.

Idomeneo de W. A. Mozart, orchestre et chœurs de l’Opéra National de Paris, direction Thomas Hengelbrock, mise en scène Luc Bondy, décors Erich Wonder, costumes Rudy Saounghi, lumières Dominique Bruguière. Avec Joyce di Donato, Paul Groves, Camilla Tilling, Mireille Delunsch, Johan Weigel, Xavier Mas, Ilya Bannik, Yun-Jung Choi, Anna Wall, Jason Bridges, Bartlomiej Misiuda

Opéra National de Paris – Bastille, les 27 février, 3,5,11,14,17,20 mars à 19h30, les 8 & 22 mars à 14h30

08 92 89 90 90 - www.operadeparis.fr

Crédit photographique : Fred Toulet / Opéra national de Paris

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