Connaissez-vous Lise Cristiani ? (suite)

Deux ou trois choses que je sais d’elle

Nous attendions la biographie de la mystérieuse violoncelliste Lise Cristiani : elle vient de paraître.

Deux ou trois choses que je sais d'elle

DEPUIS LA SOIRÉE QUI A EU LIEU le 4 décembre dernier à la mairie du neuvième arrondissement de Paris, Lise Cristiani est un peu moins méconnue. C’est ce soir-là en effet qu’a été révélé le film Sol & Lise de Simone Jung (une évocation de Lise Cristiani mais aussi un parcours en compagnie de Sol Gabetta, qui s’est prise de passion pour sa mystérieuse devancière) et qu’est sorti le livre de Waldemar Kamer et de René de Vries, dont l’enthousiasme acharné a permis de faire sortir de l’oubli une personnalité de l’histoire de la musique restée jusqu’à aujourd’hui on ne peut plus furtive .

On rappellera ici que cette violoncelliste française, née en 1825 et morte du choléra au fin fond du Caucase à l’âge de vingt-sept ans (après avoir contracté la tuberculose en Sibérie !), connut un destin pour le moins fulgurant, sans qu’on connaisse vraiment les raisons qui l’ont poussée à entreprendre des voyages pour le moins aventureux et dans des conditions particulièrement difficiles.

Certes, Mendelssohn lui a dédié une Romance sans parole (la seule qui ne soit pas confiée au piano seul) ; certes, Berlioz lui a consacré un article dans le Journal des débats, le 4 mars 1845, dans lequel il écrit notamment : « Mlle Christiani d’ailleurs tient son archet d’une belle manière, elle est d’une taille élevée, et la virtuose et l’instrument s’harmonisent parfaitement » – en orthographiant son nom « Christiani », ce qui peut dérouter le chercheur. Mais il a fallu attendre ce début de XXIe siècle pour que Lise Cristiani retrouve le chemin des mémoires, elle dont l’instrument (« seigneur Stradivarius, mon noble époux », comme l’appelait Lise elle-même) est aujourd’hui conservé à Crémone, cité-patrie des instruments à cordes.

« Pourquoi ne pas un peu mettre en lumière ceux que le public ignore, s’ils méritent de lui être présentés ? », écrit encore Berlioz. Waldemar Kamer et René de Vries ont retenu la leçon en suivant pas à pas Lise Cristiani dans le livre qu’ils lui ont consacré*, lequel nous emmène du faubourg Saint-Denis à la salle Herz, puis de Leipzig à Berlin et Weimar, en attendant les équipées fantastiques en Russie, dignes d’un Michel Strogoff, que nous avons évoquées. Ce livre, qui déjoue plus d’un piège (plus d’un « casse-tête » comme l’avouent eux-mêmes les auteurs), est étoffé d’un site, par définition en devenir, qui permettra d’éclairer de plus en plus un visage, une silhouette et une personnalité qui méritent en effet la lumière.

* Waldemar Kamer et René de Vries : Lise Cristiani, Bleu Nuit, 2025, 175 p., 25 €.

A propos de l'auteur
Christian Wasselin
Christian Wasselin

Né à Marcq-en-Barœul (ville célébrée par Aragon), Christian Wasselin se partage entre la fiction et la musicographie. On lui doit notamment plusieurs livres consacrés à Berlioz (Berlioz, les deux ailes de l’âme, Gallimard ; Berlioz ou le Voyage...

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