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Critiques / Autres Scènes

Comme de bien entendu

par Caroline Alexander

Loufoques complaintes d’antan

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Un cocktail de chansons à fredonner, un montage malicieux de bouts d’opéras-bouffes complètement loufs, une poignée de chanteurs-acteurs-danseurs délurés, un pianiste clown virtuose : Natalie van Parys ressuscite les mânes musicaux de son grand-père et fait salle comble : comme de bien entendu...
Au rayon des grands oubliés, Georges van Parys pourrait tenir une place enviable. Car si son nom résonne sans écho dans les jeunes mémoires, ses merveilleuses rengaines trottent dans celles de tous ceux qui ont un peu plus de vingt ans. Un Jour tu verras, La Complainte de la Butte, C’est un mauvais garçon roulent dans leur tête sur trois pas de valse. Sans compter les cinéphiles qui, sur les images de Casque d’Or, Fanfan la Tulipe ou Les Belles de nuit entendent des musiques qui leur collent à la peau. Quelques centaines de partitions composées pour des géants comme Jean Renoir, Luis Bunuel, Max Ophüls, René Clair, Jacques Becker ou autre Clouzot... Voilà pour les plats de résistance auxquels s’ajoutent en guise de desserts une série de comédies musicales ou opéras-bouffes, selon la définition qu’on veut bien leur donner, totalement loufoques et surréalistes : La Tour Eiffel qui tue, Les Valois terribles, Les Stratagèmes de la Sautezune ou Trisoeil et Brunehouille délirant pastiche où Rossini, Wagner, Debussy, Offenbach et Gershwin sont traités "à la manière de", comme si on y était. La dérision en plus.

Faire beaucoup avec peu

C’est à partir de ces quatre petits chefs d’œuvre de folie musicale, où les textes de Jean Marsan font étinceler l’argot comme des pépites, que Natalie van Parys a construit son spectacle. Elle est chorégraphe, danseuse, metteur en scène, elle a reçu le sens du swing en héritage, elle sait aussi, suprême talent, faire beaucoup avec peu : un piano et un pianiste (Denis Chouillet) qui fait crépiter les rengaines et sait se faire hurluberlu pour jouer la comédie, puis les cinq pensionnaires de sa compagnie Les Cavatines, deux filles ravissantes (Nathalie Duong la brune, Eléonore Gratton, la rousse), deux séducteurs (Pierre Corbel, Jean-Claude Fernandez) et leur irrésistible meneur, tout en rondeurs, Alain Trétout. Ils affichent une technique de grands pros et ont du charme à brader. Ils font revivre cet art très français entre cabaret et opérette qui, ces dernières années, refleurit sur nos scènes et remplit les fauteuils d’orchestre. Le public en redemande. La nostalgie revient au galop, camarade...

Comme de bien entendu, de Georges van Parys, mise en scène de Natalie van Parys, avec Pierre Corbel, Nathalie Duong, Jean-Claude Fernandez, Eléonore Gratton, Alain Tretout et Denis Chouillet au piano. Théâtre Daniel Sorano à Vincennes, du mardi au samedi à 20h45, dimanche à 16h15. Jusqu’au 30 janvier 2005. Tél. : 01 43 74 46 88

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