Mélodies de Bizet et ses contemporains par l’Académie de l’Opéra de Paris le 14 mai.
Bizet valeureusement transmis
L’entreprenante Académie de l’Opéra de Paris livre de rares mélodies françaises du XIXe siècle joliment offertes.
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- 17 mai 2025
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C’EST DANS LE CADRE DU FESTIVAL PALAZZETTO BRU ZANE (Centre de musique romantique française), consacré cette année à marquer les 150 ans de la disparition de Bizet, que s’inscrit ce récital de mélodies à la charge des jeunes recrues de l’Académie de l’Opéra de Paris. La distribution se répartit entre une soprano (Sima Ouahman), une mezzo (Amandine Portelli), un ténor (Bergswein Toverud) et un baryton (Clemens Frank), accompagnés au piano en alternance par Robin le Bervet et Moeka Ueno. Ou de jeunes interprètes de différentes nationalités, à l’image de la vocation de l’Académie. On note cependant l’excellente élocution française des chanteurs pour ce recueil de mélodies de la grande époque de la mélodie française, à savoir la seconde moitié du XIXe siècle. À quinze mélodies de Bizet, font ainsi contrepoint sept autres mélodies signées de Massenet, Gounod et Saint-Saëns. Bel échantillon de pages peu fréquentes, et ce dans l’acoustique favorablement propice de l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille.
Beaux accents
La soprano d’origine irano-marocaine Sima Ouahman lance pleinement sa voix, avec une ardente tenue même si parfois on aurait aimé goûter quelques nuances davantage pianissimo. La mezzo française Amandine Portelli, que l’on avait déjà appréciée dans L’Isola disabitata de Haydn par cette même Académie, confirme son excellent port vocal. Le ténor étasunien-norvégien Bergswein Toverud distille une parfaite prestation, alors que le baryton autrichien Clemens Frank (lui aussi apprécié dans L’Isola disabitata) s’épanche dans une belle caractérisation. Les deux chanteuses se rassemblent dans trois duos bien accordés (Rêvons, c’est l’heure de Massenet, El desdichado de Saint-Saëns d’un espagnol bien prononcé, Les Nymphes des bois de Bizet). Elles s’associent pour d’autres duos enlevés avec le ténor ou le baryton. Et tous de se réunir en quatuor vocal pour Djamileh de Bizet, en manière de final emporté.
Le pianiste français Robin le Bervet et la pianiste japonaise Moeka Ueno se succèdent pour un subtil accompagnement de circonstance. Quand la mélodie française retrouve les beaux accents qui ont fait sa juste réputation. À noter que le Festival Palazzetto Bru Zane se poursuit avec différents rendez-vous, et en particulier L’Arlésienne et Le Docteur Miracle de ce même Bizet mis en scène au Châtelet (du 24 mai au 3 juin).
Illustration : les membres de l’Académie de l’Opéra de Paris (photo OnP/dr)
Bizet et ses contemporains, mélodies. Membres de l’Académie de l’Opéra national de Paris : Sima Ouahman (soprano), Amandine Portelli (mezzo-soprano), Bergswein Toverud (ténor), Clemens Frank (baryton), Robin le Bervet (piano), Moeka Ueno (piano). Paris, Amphithéâtre Olivier Messiaen de l’Opéra Bastille, 14 mai 2025.



