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Antoine Watteau – La leçon de musique

par Caroline Alexander

Quand les formes, les couleurs et les sons se répondent

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Quand le commissaire général d’une exposition consacrée à un maître de la peinture française du XVIIIème siècle, se trouve être aujourd’hui le maître de la renaissance de la musique baroque de ce même siècle, on peut se demander quels liens rattachent les deux hommes, le peintre et le musicien séparés dans le temps par quelques 350 années.

William Christie, (né en 1944), fondateur et directeur de l’ensemble Les Arts Florissants et Antoine Watteau (1684-1721), prince des délicatesses amoureuses et galantes partagent de fait une même passion : la musique. La preuve en images et en sons est apportée au Palais des Beaux Arts de Bruxelles, (rebaptisé Bozar), au cœur d’une exposition qui les réunit pour en dévoiler les airs, les contours, les secrets, les mystères…

Un travail minutieux, quasi amoureux, réalisé avec le concours du Palais des Beaux Arts de Lille, et, autour de William Christie un bouquet de fins spécialistes : Pierre Rosenberg, ex-président du Louvre, Florence Reymond et Alain Tapié, du Palais des Beaux Arts de Lille, Jean-Pierre Changeux, neurobiologiste, le peintre Michael Borremans, le photographe Dirk Braeckman, le romancier Pierre Michon.


Un labyrinthe lambrissé de bois clair, divisé en stations, rythmé de commentaires et de musiques, crée le fil rouge où les sons les formes et les couleurs se rejoignent pour retracer le parcours inattendu qui amena ce jeune garçon né à Valenciennes d’un père modeste couvreur et d’une mère au foyer à devenir le chouchou de la vie parisienne du 18ème siècle naissant.

On sait qu’il fit ses classes chez les plus grands de son temps comme Claude Gillot ou Pierre Croizat, que les maîtres flamands ont tôt hanté son imaginaire et qu’il allait se gaver d’Italie, sans jamais y mettre les pieds, en découvrir le théâtre, les personnages de sa commedia dell’arte et les musiques égrenées sur des luths, des violes, des vielles à roues, des flageolets, des guitares ou autre musette. Il s’en imprégna, les fit jouer, retentir dans des scènes de grâce galante, dans ces fêtes lestées du même adjectif dont il fut l’initiateur.

D’une escale à l’autre, on les retrouve dans ses sanguines, ses gravures, ses toiles. Des pièces de petits formats que l’on prend plaisir à détailler de près. La Leçon de Musique qui donne son titre à l’exposition, La déclaration attendue, l’Indiscret, La Partie Carrée, les Charmes de la vie … Tout est douceur, mélancolie, pudeur. Les regards se perdent dans les paysages ou les replis des vêtements. Les personnages sont parfois croqués de dos, Pierrot portant une guitare ou la jeune femme en robe blanche des Deux cousines, et leurs dos vibrent autant que des visages. Les paysages respirent, les fleurs, les feuilles, les arbres, les prés soupirent… Des niches équipées d’écouteurs font entendre des commentaires de Pierre Michon et surtout des musiques qui habillent les images : Campra, Lully, Charpentier, Clérambault, Rebel, ont été choisis par Christie et leurs arabesques répondent en écho à celles de Watteau.

La promenade est belle et mérite le voyage

Bozar – Palais des Beaux Arts de Bruxelles jusqu’au 12 mai 2013

Du mardi au dimanche de 10h à 18h – les jeudis de 10h à 21h.

Des intermèdes musicaux sont joués tous les jeudis soirs en nocturne

Au catalogue édité par Bozar Books s’ajoute un double CD gravé par Harmonia Mundi

+32 (0)2 507 82 00 – www.bozar.be

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