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Critiques / Théâtre

Anna Karenina d’Helen Edmundson d’après Tolstoï

par Gilles Costaz

Mise en images

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Adapter Anna Karenine au théâtre, quelle gageure ! De grandes et de petits équipes s’y essayent régulièrement. Rien qu’en l’espace de ce printemps, nous aurons eu deux fois le roman de Tolstoï à l’affiche. En mai, ce sera à la Tempête. Actuellement, c’est au théâtre 14. Cerise Guy a pris le parti de traduire une adaptation anglaise (la traductrice britannique fait figurer son nom en caractères plus imposants que celui de Tolstoï ! Pourquoi se gêner ? ). C’est un texte correct, fidèle, qui découpe le livre en une série de scènes brèves. Il s’intéresse aux personnages principaux, avec le défaut de ne pas trouver d’épaisseur pour la figure de l’amant, Vronski (l’interprète du rôle, François Pouron, semble souffrir d’avoir peu de grain à moudre), et suit bien la trame, depuis la rencontre d’Ana, femme mariée, avec ce séduisant cavalier, jusqu’à sa mort volontaire de cette mondaine brûlée par l’amour, tant la société bien-pensante a rejeté la femme adultère qui était partie en laissant son fils à la garde son mari.
Avec un dispositif abstrait qui permet aux différentes actions de se dérouler successivement et parfois en même temps, Cerise Guy orchestre la soirée comme une glissade de mini-tableaux où les acteurs dessinent rapidement et efficacement les émotions de leurs personnages et où quelques signes (un jet de fumée, les changements de costumes qui, faits par Dominique Borg, sont très beaux) suffisent à évoquer un nouveau contexte. Mathilde Hennekinne est une Anne Karénine d’une sensibilité toujours présente, qui exprime une belle variété de sentiments tendres. Antoine Cholet compose l’ami Lévine (qui est le double romanesque de Tolstoï) d’une manière coupante, sarcastique, angoissée, très personnelle. Emmanuel Dechartre donne une douleur élégante au personnage du mari. Isabelle Andréani est à la fois poignante et savoureuse en mère de famille mal-aimée. Tous communiquent une certaine allure à ce reflet d’un chef-d’oeuvre. C’est un digest, une mise en images, une transposition sous la forme d’aquarelles légères et justes.

Anna Karenina d’Helen Edmundson d’après le roman de Léon Tolstoï, version française et mise en scène de Cerise Guy assistée de Cyrille Denante, costumes de Dominique Borg, lumières d’Elias Attig, scénographie de Nils Zakariasen, dispositif scénique de Didier Warin, musique et son de Patrice Peyrieras, avec Mathilde Hennekinne, Antoine Chollet, Emmanuel Dechartre, François Pouron, Eloïse Auria, Stéphane Ronchewski, Isabelle Andreani, Sandrine L’Ara (en alternance avec Cerise Guy), Laurent Letellier et la voix de Francis Huster.

Théâtre 14, tél. : 01 45 45 49 77, jusqu’au 23 avril. (Durée : 2 h).

Photo Laurencine Lot.

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