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Critiques / Comédie & Humour

A flanc de colline de Benoît Moret

par Marie-Laure Atinault

Là haut sur la colline que se passe-t-il ? L’air qu’on y respire est hilarant !

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On a tous la nostalgie de notre enfance et de ces vacances passées dans une maison de campagne familiale, que des droits de succession iniques on fait passer par d’autres mains. Quelle bonne idée de se retrouver le temps d’un week end dans ce cocon familial ! De surcroît lorsque un père et fils cèlent leurs retrouvailles. Quoique les intéressés ne savaient pas qu’ils se retrouveraient face à face. L’actuel propriétaire, le fantasque Albert a loué au Père et au fils la maison, sans les prévenir. Mais quand on ne parle pas le Albert sans peine, certaines notions de vocabulaire et de savoir vivre peuvent échapper aux communs de mortels. Ainsi lorsqu’Albert loue sa maison, il reste sur place car il est un tantinet psycho rigide sur le déplacement même infime des objets ou des meubles. Donc il reste et veille ! Les anciens propriétaires ne se lassent pas de la nouvelle décoration de la maison. Albert est un passionné atteint par la collectionnite aiguë. Nous ne savons pas ce qui nous a le plus séduit du plafonnier méduse ou le mérou parlant. Mais cela n’est rien, en attendant la pièce maîtresse, qui finalisera la décoration toute en délicatesse. On sent bien qu’Albert n’est pas un adepte de la zénitude ou autre pratique nihiliste de l’ameublement.

Malgré un confort aléatoire, l’absence de modernité, les options artistiques d’Albert force le respect. Il a un chic inouï pour ratisser son gravier, mais attention ne vous aventurer pas à déplacer le moindre gravillon.

On loue le courage du Père et du fils de rester. Mais sont-ils là uniquement pour respirer l’air de leur enfance ???

Benoît Moret a écrit une comédie follement drôle et loufoque. Bien sûr on pourrait objecter qu’ici où là certains jeux de mots sont un peu facile mais cette facilité est parfaitement assumée par l’équipe. A flanc de colline est inspirée d’une histoire vraie qui n’a jamais eu lieu. La situation de la maison a influencé le mental des locataires de ce cottage français. Ce jeune auteur a taillé sur mesure quatre beaux rôles, quatre personnages déterminés à remplir leur mission. Plus fort que Rambo, plus fous que les Monty Python, plus faussement naïf que Bourvil ! Julien Sibre a mis en scène ce monde débridé avec la conscience qu’on lui connaît ! Didier BRICE en tête compose un Albert, qui sous une apparence un peu simplette, pourrait se muer en Jack Nicholson dans Shinning. Ce grand comédien (et cela dit sans jeu de mot), compose un Albert champion dans tous les concours les plus improbables, du ratissage de gravier à la pâte à sel. On brûle de vous en raconter plus mais nous avons promis à l’irascible Albert de ne pas tout vous dire sur ses collections atypiques. Son adorable voisine, Caroline Maillard est très atteinte par l’obsession des concours. Le père alias José Paul (de plus en plus séduisant) tombe dans un machiavélisme torride. Le fils est joué par l’auteur. Le décor est un comédien à part entière du spectacle, quelle ingéniosité pour tous les détails, les bibelots les plus incongrus et maritimes, bravo à Emmanuel Marais, à Cécile Patrou et à Jean Godement pour ses sculptures. Si vous ne riez pas durant le spectacle : soit vous êtes irrémédiablement hermétique au rire, soit Lars Noren est pour vous le plus grand auteur comique du XX éme siècle, soit vous vous êtes trompé de théâtre. Et là franchement on ne peut plus rien pour vous !!

A FLANC DE COLLINE , une comédie de Benoît Moret librement inspirée d’une histoire pas vraie. Mise en scène Julien Sibre. Avec José Paul, Didier Brice, Caroline Maillard, Benoît Moret.
Théâtre Tristan Bernard Paris 8° Tél : 01 45 22 08 40

Photo (c)Fabienne RAPPENEAU

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