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27ème Nuit des Molières lundi 27 Avril aux Folies Bergère

par Marie-Laure Atinault

Une réussite !

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Selon la formule On ne change pas une équipe qui gagne l’Association des Molières et France 2 ont demandé à Nicolas Bedos de présenter cette soirée. Une réussite !

Les Molières tel le phénix qui renaît de ses cendres avaient bien failli périr sous le coup de dissensions et de lutte de clocher. Grâce à Jean-Marc Dumontet, président des Molières, cette soirée peut avoir lieu avec faste.

La plupart des soirées « remise de prix en tout genre » souffre d’un problème de durée, et pour certaines, de problèmes techniques. En somme, si vous n’êtes pas directement concerné, la soirée peut être un pensum. La première bonne résolution déjà prise pour la 26ème édition est d’enregistrer la soirée et de la présenter avec un léger différé. Ce décalage permet d’éliminer les temps d’installations de décors, et les bafouillages, mais l’esprit du direct reste. Nicolas Bedos, en maître de cérémonie, avait fait l’effet de poil à gratter l’an passé, mais à part quelques dérapages, il avait bien fait son office. Cette année, il s’est investi dans la soirée afin d’en faire un spectacle, ponctué de surprises et de coups de théâtre. Une belle réussite.
Pour ceux qui ont la chance d’être invités, il faut se rendre aux Folies Bergère aux alentours de 18h30 pour le début de la soirée à 19h30. Nous regretterons que la tenue de soirée soit un peu en désuétude (hélas). Mais une ambiance festive, qui oscille entre la remise des prix et le dernier bal avant la fin des cours, règne. On sent le stress de certains, la merveilleuse surprise d’être nommé pour d’autres, les membres de la troupe des Franglaises sont heureux comme des collégiens en goguette, celle des Coquelicots des tranchées (Xavier Lemaire) arbore fièrement un coquelicot à la boutonnière. Maxime d’Aboville qui n’en revient pas d’être nommé, a abandonné son costume du Servant guindé.

Cette 27ème soirée sera-t-elle celle de Nicolas Bedos dans la fosse aux lions ?
S’inspirant de la référence absolue des remises de prix, les Oscars, un petit film d’introduction nous présente Nicolas Bedos face aux instances de France Télévisions, on reconnaît dans les directeurs un certain François Berléand, et un Julien Boisselier inquiétant. Ce cher Nicolas cherche les moyens de faire une soirée attractive, pourquoi pas en meneur de revue, ou dans la fosse aux lions déposant devant les félins le Molière du théâtre privé et celui du théâtre public. Il y en aura pour tout le monde ! Pour faire de l’audience il pense même convier Obama et Poutine, mais ce dernier fait toujours la gueule.
Les intermèdes filmés sont plutôt réussis voire brillants, du duplex de Muriel Robin retenue aux USA (hou la menteuse), Pierre Arditi qui refuse de quitter sa loge car le texte de Bedos ne lui plait pas. Par contre les saynètes jouées sur scène sont dans l’ensemble trop longues. Celle des comédiennes manque d’élégance, les trois Molières finissent par ennuyer fermement. Par contre le nouveau ministre de la culture alias François Morel, ou Daniel Russo et son exposé sur la mémoire rallient tous les suffrages. Le président de la cérémonie, André Dussollier, dépassé par cet honneur nous expliquera doctement comment il utilise les Molières pour récompenser ses amis ou les fils de ses amis, d’ailleurs il vient sur scène avec un caddy rempli de statuettes. Entre le gaffeur Guillaume Gallienne (toujours excellent), les revendications de Jeanne Arènes moliérisée l’an passé, l’irruption de Sébastien Thiéry qui vient faire les doléances d’usage à la ministre de la Culture (la vraie) saisit la salle. L’auteur de Deux hommes tout nu a mis son costume de scène, dans une nudité décontractée et assumée, il interpelle Fleur Pellerin interloquée. La cause des intermittents et le statut des auteurs dramatiques passent bien grâce à cet ambassadeur dont les lettres de créances sont indiscutables !
Le pas de deux joliment chorégraphié par Marie-Claude Pietragalla rend hommage aux chers disparus, mais il est fort regrettable de ne pas avoir mis leurs photos, un visage est plus éloquent qu’un mot.
Autre maladresse, lorsque l’on cite les nommés, le spectacle dans lequel ils se sont illustrés n’est pas mentionné. Les gagnants ravagés par l’émotion oublient parfois de citer le spectacle.

Le palmarès laisse toujours derrière lui son lot de déceptions. Nous regretterons que les formidables Particules élémentaires mise en scène par Julien Gosselin repartent sans aucun Molière. Incompréhension de trouver dans la même catégorie de Seul(e) en scène Florence Foresti, Jos Houben, Francis Huster ou Denis Lavant, ce dernier remportant le Molière. Les quatre spectacles étaient de qualité mais il serait peut-être judicieux de remettre la catégorie One woman/man show ?
André Dussollier reçoit le Molière du comédien dans un spectacle de théâtre public pour son formidable Novecento. La joie de ce comédien délicat, qui a reçu déjà moult prix, fait plaisir à voir.
Thierry Frémont est le Molière du comédien dans un second rôle pour Les cartes du pouvoir. Ce comédien discret est toujours si brillant, si juste.
Marc Fayet reçoit le Molière pour sa comédie Des gens Intelligents que nous avions tellement aimé. Marc Fayet est un auteur et un comédien de grand talent.
La modeste Dominique Reymond reçoit le Molière de la comédienne dans un second rôle pour son interprétation dans Comment vous racontez la partie de Yasmina Reza. Lumineuse comme toujours.
Emmanuelle Devos (Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre public) conseille à Fleur Pellerin de faire la tournée des popotes des centres dramatiques. Marie Gillain reçoit celui du théâtre privé, cette Vénus à fourrure sublime et sensuelle rend un bel hommage à ses parents. Nicolas Briançon reçoit enfin un Molière pour sa mise en scène inspirée et épatante du délicieux Voyage avec ma tante. Il dit tout haut son sentiment de déception lorsque les années précédentes, il ne gagna pas la prestigieuse statuette. Ce moment terrible où l’on doit sourire ! Sa franchisse sera diversement appréciée.

Les gagnants ont dû se soumettre à l’exercice difficile des remerciements minutés par l’impitoyable Nicolas Bedos qui menace de tuer un bébé ! Même Thomas Jolly qui reçoit le Molière du metteur en scène du théâtre public pour son marathonien Henry VI se verra refuser des secondes supplémentaires. Sa joie était communicative.
On regrettera de ne pas entendre les spectacles musicaux en lice. Le Molière est attribué à la dynamique troupe des Franglaises que l’on peut toujours voir à Bobino.
Le Molière de la création visuelle est un monstre hybride. Les costumiers, les créateurs lumière, les scénographes doivent se contenter de cette appellation qui ne satisfait personne. Il est attribué au Bal des Vampires.
Autre innovation la venue sur scène de Jean-Marc Bouillaud, qui nous informe sur le taux d’audience. Il ressemble à s’y méprendre à Elie Semoun. C’est bien la première fois que des graphiques font rires. D’ailleurs la soirée réunit plus de 1,36millions de spectateurs soit la même audience que l’émission de Laurent Ruquier le samedi soir.

Cette 27ème nuit est une réussite. Nicolas Bedos a mené de main de maître cette cérémonie. Bien sûr certains passages ont suscité des réactions diverses, les quatre religieux, ou les critiques du masque et la plume cagoulés et menottés, l’exécution sanglante du maître, nous changent de toute façon de l’autocensure qui gangrène parfois la télévision. Nous avons trouvé Nicolas Bedos épanoui, sûr de lui, sans prétention, ayant le sens du spectacle. Il assume les outrances avec talent. Un maître de cérémonie élégant, impertinent et heureux d’être là, et nous aussi.
Pour ceux qui se posent les questions légitimes sur le système de vote et les critères de sélection des spectacles nous vous conseillons de consulter le site des Molières www.lesmolieres.com

Vous y trouverez également l’intégralité du palmarès.

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2 Messages

  • 27ème Nuit des Molières lundi 27 Avril aux Folies Bergères 29 avril 2015 19:03, par Pascal Le Guennec

    Comme toujours, Marie Laure Atinault nous fait un très bon résumé de chaque manifestations auxquelles elle participe. Elle nous retrace la soirée avec talent et nous fait regretter le fait de n’avoir pas été devant sa télévision pour regarder ces Molière. Bravo Marie Laure, continuez comme cela, vous êtes pleine d’intelligence, de savoir et il est très dommage que vous n’ayez pas une émission à vous sur une de nos nombreuses chaines afin de nous parler de culture, ce qui n’arrive que trop rarement de nos jours.

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  • J’ai trouvé cette cérémonie parfaitement ennuyeuse et "potache".
    Habituellement, les comédiens savaient émouvoir en recevant leur prix, je pense à Laurent Terzieff, Robert Hirsch, Michel Bouquet, Darrieux, Flon et tant d’autres....la séquence imposant l’absence d’applaudissements pour saluer une dernière fois nos chers disparus était "encombrée" par ce couple de danseurs qui n’avait rien à faire là, hormis son talent, et regrette l’absence d’une photo sous le nom des "récemment " disparus...
    les 4 nommés avaient droit à quelques minutes d’extrait de leur spectacle...là, rien ! les parodies de Isabelle Adjani et de Fanny Ardant , d’une tristesse sans nom, les interventions de Semoun et Arditi pitoyables...Sébastien Thierry nu, pourquoi pas....mais est-ce vraiment la bonne l’image de nos prédécesseurs : Molière, Racine , la France des Philosophes...?
    Pauvre France.
    comédien, metteur en scène,producteur, ex- directeur de théâtre.

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