Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes (23 è édition), du 19 au 28 septembre 2025, Charleville-Mézières - Ardennes, Grand Est.

Viva ! (La Loquace Compagnie), théâtre d’objets, écriture,
 mise en scène et interprétation Lisa Peyron et Daniel Olmos,

Histoire franquiste, tabou familial et sociétal et beau théâtre d’objets.

Viva ! (La Loquace Compagnie), théâtre d'objets, écriture, mise en scène et interprétation Lisa Peyron et Daniel Olmos,

VIVA ! raconte l’histoire de Pepe et Maria, depuis la guerre civile espagnole, en pleine dictature et le récit d’un tabou sociétal et familial. Sur scène, un bureau avec craies, crayons, taille-crayons, scotch, papier, agrafeuse…
Avec ces objets, deux interprètes - Daniel Olmos dont l’histoire est grand-parentale, et Lisa Peyron - reconstituent un drame imbriqué dans l’Espagne franquiste et un tabou familial et sociétal - retournement des rôles et regards.
Avec humour, VIVA ! interroge la part de responsabilité collective dans les actes individuels, la capacité d’une société à se réparer et à se transformer.
"Viva" est une exclamation festive et joyeuse : "longue vie" ou « vive" portant une connotation positive : Vive l’Espagne libre non franquiste, sans dictature, et aussi Vive la joie et la liberté pour tous, celles des femmes, en particulier.

Daniel se présente seul sur la scène, sous la protection de l’accessoiriste Lisa qui l’accompagne moralement depuis les coulisses. Facétieux, habile, jouant sur la langue française qu’il parle avec un léger accent, et passant plus librement à l’espagnol quand le sujet devient délicat, il instaure avec le public un dialogue chaleureux, ajoutant petits signes d’amitié et de reconnaissance.
1936, El Fronte Popular, et le 17 juillet, les nationalistes, soutenus par les phalangistes, l’Allemagne d’Hitler et l’Italie, organisent un coup d’État militaire dont le général Franco prend la tête. Le 18 juillet, le début de la guerre civile.

Jose, le grand-père de Daniel, est un cordonnier de gauche, du côté des Républicains. Il sera arrêté pour être exécuté dans le cimetière du village castillan, comme d’autres partisans, l’institutrice etc…Or, le curé du village le libère après lui avoir fait la leçon : ne pas se mêler de politique et aller à l’église le dimanche. Abasourdi, il revient chez lui, irréversiblement replié sur lui-même à penser, ne frayant plus avec les autres, reclus dans son atelier.

Mais Daniel n’a guère entendu parler de sa grand-mère Maria : il pose la question, et c’est Lisa qui prend la place de l’interprète sur la scène, ne serait-ce que pour déplacer le regard et les points de vue à considérer.

Maria aurait voulu pouvoir quitter son village pour Madrid et se libérer de cet époux taiseux aux tendances coercitives - coups et violences impartis à la mère de ses enfants, comme si sa colère intérieure se libérait d’une amertume ancrée profond, après avoir vécu le sentiment d’avoir trahi… Nous n’en dirons pas plus pour ne pas rompre le suspens engagé par le spectacle.

Le spectateur ne peut être qu’ébloui par ce théâtre d’objets qui joue l’évidence : les personnages - du côté des Rouges ou de celui des Bleus - sont tous des crayons de papier ou de couleur que l’on brandit, droits, comme fiers d’eux et responsables, ou bien que l’on accumule, disparates, jetés par terre avant de les écraser en tas, passés à la moulinette du taille-crayon jusqu’à la disparition. Et pour oublier de tels agissements, on s’empresse de balayer les copeaux restants sous le tapis du bureau.

Parole vive et malicieuse, jeu des tiroirs de bois du mobilier de rangement, tiroirs qui claquent, le rythme du spectacle est vif et intense, provoquant l’attente de ce qui va advenir, dans une atmosphère qui peut paraître désuète mais qui porte en soi son réconfort - un monde de papier et de crayon propre aux objets élémentaires qui ne sont plus les signes essentiels du quotidien.
Une plongée dans l’Histoire collective, l’intimité inavouable des intérieurs privés, dans un monde familier d’objets de bois, de papier qui disparaissent.

La violence, d’un monde à l’autre, de la Guerre Civile espagnole à la vie privée.

Viva ! (La Loquace Compagnie), théâtre d’objets. Écriture,
mise en scène et interprétation Lisa Peyron et Daniel Olmos, accompagnement artistique Katy Deville, regard extérieur Clément Montagnier, production et diffusion Véronique Fourt (en France), Ana Sala (en Espagne).
Crédit photo : Red Dot Studio

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Véronique Hotte

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