Une série d’hommages à Terzieff
Laurent le magnifique
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- 24 novembre 2011
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Le 3 juillet 2010, Laurent Terzieff nous quittait, âgé de soixante-quinze ans. Voici venu le temps des hommages. On sera heureux de retrouver ce comédien mythique dans ses films (il a tourné avec les plus grands, il adorait faire du cinéma). On le retrouvera aussi dans sa passion du théâtre, qui a fait de lui non seulement un interprète et un metteur en scène mais aussi l’un de ceux dont la pensée sur la pratique de l’art dramatique compte au même titre que celle d’un Vilar ou d’un Vitez. Ses écrits inédits, qui paraissent sous le titre Cahiers de vie, en assurent le témoignage, ainsi que toutes les évocations qui vont avoir lieu au Lucernaire, à l’Odéon et au TNP de Villeurbanne.
Il fut toujours un interprète étourdissant. Il est l’âme même, l’acteur qui donne leur beauté aux tourmentes intérieures. Echassier souvent oblique sur ses pattes, il est un comédien médiumnique qui avance sans certitude dans la brume du monde et en attrape peu à peu les clartés. Mais il peut être aussi très drôle, en chef insolent dans Mon lit en zinc de David Hare, ou en joueur fauché dans Hughie d’O’Neill. Comme metteur en scène, on peut le juger d’une façon moins admirative. Il n’a pas pris le train des modes et des nouveaux éclairages. Il y a parfois quelque chose d’un peu brouillon, d’un peu approximatif. Tant mieux ! La scène n’avait pas la froideur d’un hôpital, comme chez certains de nos grands stylistes de la scène. La vie éclate, suspend son vol puis explose dans la relation libre d’acteurs dégustant le texte de façon invisible.
Mystique du théâtre et du cinéma ambitieux, il ne se sera jamais assimilé à un courant, à une école, à un style. Mythe vivant en son temps mais ni vedette, ni chef de file, il se sera nourri de toutes les révolutions mais aura refusé tous les systèmes pour ne pas s’éloigner d’ « un théâtre à l’écoute du monde ».
Principaux événements :
Laurent Terzieff, du visible à l’invisible
Exposition d’archives et de photographies, avec projection des films de Julien Téphany et Olivier Bruhnes.
Lucernaire, 14 h-22 h, jusqu’au 1er janvier.
Cycle Laurent Terzieff au cinéma.
Lucernaire, Paris, 30 novembre-20 décembre, 20 h 30.
Hommage à Laurent Terzieff.
« Le théâtre comme engagement », lecture par Benjamin Bellecour.
Dialogue entre J.-S. Bach et R. M. Rilke : suites de Bach interprétées par Gérard Caussé en liaison avec un enregistrement inédit de Terzieff disant des poèmes de Rilke.
Odéon-Théâtre de l’Europe, Paris, le 5 décembre, 20 h. (Par ailleurs, douze portraits du comédien sont exposés sous les arcades du théâtre pendant tout le mois de décembre).
Laurent Terzieff, découvreur d’auteurs.
Une soirée conçue par Lucien Attoun.
Lucernaire, Paris, le 6 février, 20 h.
Laurent Terzieff et ses poètes.
Une soirée composée par Jean-Pierre Siméon et Christian Schiaretti. Lectures de poèmes par Robin Renucci, Claude Aufaure, Philippe Laudenbach, les comédiens du TNP. Lectures de textes commandés sur le thème de « l’art de Laurent Terzieff » à Jacques Roubaud, André Velter et Charles Juliet. Participation de la violoniste Emmanuelle Bertrand.
TNP, Villeurbanne, le 5 mars, 20 h.
Cycle Laurent Terzieff sur France Culture.
De ces différents rendez-vous, France Culture tire quatre heures d’émissions réalisées par Christine Bernard-Sugy, dans le cadre de ses « fictions » du dimanche soir.
Les 11 et 18 mars, 21 h – 23 h.
Un livre : Cahiers de vie de Laurent Terzieff.
Danièle Sastre a réuni, établi et présente le texte, très important, des cahiers et carnets de l’acteur, restés à l’état de manuscrits et donc inédits. Elle y a ajouté des lettres de Terziefff et quelques textes d’hommage.
Gallimard, 388 pages, 24 euros.



