Lyrique
Une rentrée à petits pas
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- 7 septembre 2010
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Des reprises réchauffées comme de bons plats mitonnés par un chef étoilé ou par une grand-mère fine cuisinière, des nouveautés qui s’échelonnent sans se presser, des voix d’or par-ci des chefs fêtés par-là, la rentrée du lyrique parisien se fait à petits pas.
Le metteur en scène allemand Willy Decker, l’un des plus brillants des années 80 et 90, revient à l’Opéra Bastille avec, dès le 9 septembre, ce Vaisseau Fantôme de Wagner qu’il créa en l’an 2000 dans cette même salle : le chef d’orchestre Peter Schneider y succède à James Conlon, James Morris remplace le Hollandais interprété alors par Falk Struckman. Puis, à partir du 17, avec cet Eugène Onéguine crépusculaire qu’il y réalisa en 1995.
Flash back
Nicolas Joël décidément cultive la nostalgie des talents d’antan et semble vouloir labelliser « de répertoire » certaines mises en scène. Ainsi L’Italienne à Alger de Rossini retrouve le 11 septembre au Palais Garnier celle signée par le roumain Andrei Serban en 1998. Mais la palme du flash back reviendra à partir du 26 octobre aux légendaires Noces de Figaro avec lesquelles Giorgio Strehler révolutionna l’art de la mise en scène lyrique en 1973 à Versailles, puis au Palais Garnier. Maintes et maintes fois reprise, même après la mort de son auteur en 1997, cette mise en scène a fini par se réduire aux superbes décors d’Ezio Figerio et aux costumes de Franca Squarciapino – hélas, dilué dans l’espace Bastille – tant la patte, l’énergie et le charisme du directeur d’acteurs que fut Strehler n’ont jamais pu être remplacés.
Deux semaines plus tôt, un autre grand Italien de cette génération, Luca Ronconi importera de la Scala de Milan le Triptyque de Puccini que dirigera le jeune directeur musical de l’Opéra de Paris Philippe Jordan (à Bastille à partir du 4 octobre). Il faudra attendre le 16 novembre pour découvrir la première création à part entière de cette nouvelle saison, Mathis le peintre de Hindemith par Olivier Py sous la direction de Christoph Eschenbach.
Lully très sollicité
Le Théâtre de Gennevilliers ne fait pas partie des maisons d’opéra, mais on y pratique beaucoup de musique, en avant-garde tout comme en tradition, surtout des bonnes musiques. Le très sollicité Jean-Baptiste Lully y fait son entrée le 18 septembre avec Armide sa dernière tragédie en musique. Le directeur du théâtre, Pascal Rambert en signe la mise en scène et l’installation, l’Orchestre Mercury Baroque sera dirigé par Antoine Plante.
Au Théâtre des Champs Elysées, Michel Franck inaugure sa première saison avec une série de concerts de haut vol, et, le 6 octobre, avec la création de Passion de Pascal Dusapin, le plus en vue des compositeurs français d’aujourd’hui qui sera mis en scène et chorégraphié par Sasha Waltz. Franck Ollu dirigera l’Ensemble Moderne.
Pour l’Opéra Comique il faudra s’armer de patience. En attendant la reprise en mai 2011 du mythique Atys de Lully qui mit le feu aux poudres du baroque en 1987 sous l’impulsion des Arts Florissants de William Christie et de Jean-Marie Villégier pour la mise en scène, Jérôme Deschamps, le directeur de la maison prépare en gourmandise le lancement d’un autre Lully, Cadmus et Hermione. Qui ne fera son entrée sur la scène de la salle Favart que le 29 novembre sous la direction de Vincent Dumestre dans une mise en scène du mordu baroqueux Benjamin Lazar.
Swing et poésie
Le Châtelet poursuit avec swing son exploration des grandes comédies musicales américaines. Show Boat de Jerome Kern et Oscar Hammerstein II fera battre nos pouls dès le 2 octobre dans une production de l’Opéra de Cape Town.
Alain Crombecque n’est plus là, avec sa fausse nonchalance et sa vraie vigilance, mais le Festival d’Automne poursuit sa ligne de conduite grâce à ses codirectrices Marie Collin et Joséphine Markovits. Au rayon musique, des concerts pour des musiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain – dont les fidèles Kurtag, Holliger, Lachenman -, et, aux Bouffes du Nord, Une Flûte Enchantée « d’après » Mozart que Peter Brook mettra en ligne d’utopie et de poésie dès le 9 novembre, dans la lignée de La Tragédie de Carmen et de Impressions de Pelléas qu’il avait réalisés avec tant de bonheur au début des années 80. Le principe d’un seul accompagnement au piano sera repris par Alain Planès dans l’arrangement concocté par le compositeur Franck Krawczyk.



