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Critiques / Théâtre

Toutaristophane par Serge Valletti

par Gilles Costaz

Choeur antique, coeur moderne

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C’est Serge Valletti lui-même qui ouvre la soirée Toutaristophane dans le jardin du magnifique lycée Saint-Just, à Lyon. Il dit : « J’ai donc, pour composer le programme, choisi parmi ces onze pièces les moments où ce que nous appelons « Le quatrième mur », cette invention tardive, était le plus poreux possible. Les instants où la membrane imaginaire qui sépare les acteurs du public était la plus trouée possible. Peu à peu au fil de ces pièces on verra cette clôture se refermer pour créer l’espace théâtral proprement dit qui engendrera tout notre théâtre occidental. C’est la redécouverte de cette fructueuse porosité qui, à mon sens, fait toute la modernité d’Aristophane. Vous allez donc entendre des extraits de Les Acharniens que j’ai appelé Sacré Bonhomme, puis des Cavaliers que j’ai transformé en Les Marseillais, suivi par Les Nuées (Idées fumantes), Les Guêpes (Affaire Guêpes), La Paix (À la Paix !) ; les Oiseaux (Las Piaffas), Les Grenouilles (Reviennent les lucioles !) et enfin pour terminer Ploutos que j’ai appelé L’Argent. »
Valletti a travaillé pendant dix ans pour réinventer la traduction de toutes les pièces d’Aristophane qui nous parvenues. Il l’a fait dans une totale et magnifique liberté. Depuis cinq ans, le directeur des Nuits de Fourvière, Dominique Delorme, organise une soirée autour de cette œuvre de titan, jusqu’à ce qu’on arrive un jour (l’an prochain ?), à une véritable création théâtrale. Jusqu’à présent, ce ne fut que des lectures. Mais quelles lectures ! On ne peut oublier le soir où, cinq heures durant, Valletti lut en continuité la moitié des pièces, en athlète méditerranéen. Cette année, il se mélangea au groupe que composaient Ariane Ascaride, Nicolas Bouchaud, Christine Citti, Eric Elmosnino et Marie Kauffmann. Ce fut explosif comme une criée aux poissons à Marseille, mais dans le génie, autour du théâtre et de la vie politique. Comment les crapules savent prendre la parole de l’innocence, comment le mensonge est tantôt de la splendeur, tantôt de l’ignominie : tout est là, dans une fulgurance de dialogue qui a les millénaires du chœur antique dans les pattes et la brûlante jeunesse littéraire du grand Valletti dans le cœur.

Toutaristophane, lecture par Ariane Ascaride, Nicolas Bouchaud, Christine Citti, Marie Kauffmann, Eric Elmosnino, Hervé Pierre et Serge Valletti.

Nuits de Fourvière, Lyon, tél. : 04 72 32 00 00. Le festival se poursuit jusqu’au 31 juillet. Les six volumes de Toutaristophane ont paru aux éditions de l’Atalante.

Photo DR.

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