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Critiques / Théâtre

Terre océane de Daniel Danis

par Gilles Costaz

A fleur de coeur

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Il y a, chez le Québécois Daniel Danis, une douleur de la parole qui la transfigure. Ce n’est pas un parler du Canada français, c’est une langue à la fois populaire et réinventée. Dans son théâtre, Etienne Pommeret a choisi Terre océane, qui conte le voyage d’un père et de son fils adoptif âgé de 10 ans. Le père, producteur de cinéma, a tout arrêté pour faire ce périple dans le Nord du Québec, loin des villes. Les deux voyageurs vont en fait retrouver l’oncle Dave, qui s’est occupé de l’enfant après le suicide de son père. Mais le garçon ne pourra pas vivre longtemps. Il est atteint d’une maladie incurable et il ne terminera pas ce voyage… Dans le blanc du paysage tournoient la brièveté de la vie, la complexité de la paternité, la nature animale de l’homme et de la bête.
C’est toujours à fleur de cœur, les textes de Daniel Danis. Il faut trouver l’équilibre, l’émotion suspendue. C’est ce que réussit Etienne Pommeret qui bannit le réalisme, place quelques éléments à la droite de la scène et laisse le plateau quasiment nu. Et l’enfant de dix ans, il le fait jouer par un acteur de couleur tout à fait adulte, Karim Marmet, dont la présence heureuse et la gestuelle délicate contribuent à la transfiguration nécessaire de tout instant. Dans le rôle du père, Sharif Andoura a, lui, aussi l’intensité rêveuse idéale. Etienne Pommeret incarne lui-même l’oncle du nord du Canada, d’une manière plus concrète, dans une belle opposition. Le spectacle est très poignant mais, ouaté, feutré, fait d’autant de silences que de mots, il est aussi voyage esthétique et voyage intérieur.

Terre océane de Daniel Danis, mise en scène d’Etienne Pommeret, scénographie de Jean-Pierre Larroche, lumière de Jean-Yves Courcoux, son de Valérie Bajcsa, costumes de Cidalia Da Costa, avec Sharif Andoura, Karim Marmet, Catherine Morlot, Etienne Pommeret, Sarah Taradach.

L’Echangeur, Bagnolet, tél. : 01 43 62 71 20, jusqu’au 23 octobre. (Durée : 1 h 30). Texte au éditions de l’Arche.

Photo Bellamy.

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