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Critiques / Théâtre

Talking Heads II d’Alan Bennett

par Gilles Costaz

De l’humour très anglais

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Talking Heads II d’Alan Bennett
De l’humour très anglais
Talking Heads, que Besset a traduit par Moulin à paroles, est une provision de monologues féminins fort drôles. Jean-Marie Besset les a adaptés avec finesse, en en conservant l’humour évidemment très britannique. Claude Bonin en a choisi deux pour son nouveau spectacle. Dans le premier texte, une femme qui habite Londres change de pédicure et vient confier, non sans réticence, ses orteils à un inconnu ; voilà deux solitudes qui se rencontrent en commençant par un intérêt commun pour les pieds et se découvrent d’autres formes d’attraction ! Dans le second texte, une autre femme est hélée par sa voisine qui lui montrer ce qu’elle vient de faire : tuer son mari. Devant le corps sanglant naît une amitié indéfectible car la victime était un beau salaud. En attendant les développements de l’affaire, la femme entretient passionnément le jardin de son amie emprisonnée…
Le spectacle de Claude Bonin entrecroise les deux monologues. A gauche, une immense chaussure, sur laquelle l’actrice Emmanuelle Rozès peut prendre appui ou dans laquelle elle peut se lover. A droite, un assemblage de cubes couvert de végétaux que Bénédicte Jacquard attaque au sécateur et dispose à son gré. Tour à tour, les deux comédiennes content l’aventure de leur personnage de femme conformiste transformée par une rencontre inattendue. Elles croquent à merveille les mœurs des petites gens, dans la volupté de l’instant pour ce qui est d’Emmanuelle Rozès, dans l’éveil fébrile d’un esprit jusque là endormi pour ce qui est de Bénédicte Jacquard. L’emboîtement des deux récits, où le socialement incorrect s’infiltre sans cesse dans le bourgeoisement correct, rend l’attention encore plus aigüe. Claude Bonin soigne les détails. D’où un humour anglais fort bien servi par une équipe française.

Talking Heads II d’Alan Bennett, adaptation de Jean-Marie Besset, mise en scène de Claude Bonin, scénographie de Mana, lumière de Vincent Houard, avec Emmanuelle Rozès et Bénédicte Jacquard.

Théâtre de l’Epée de bois, Cartoucherie de Vincennes, 20 h 30 du jeudi au samedi, 16 h le dimanche, tél. : 01 48 08 39 74. Jusqu’au 19 avril. (Durée : 1 h 20). Texte chez Actes-Sud Papiers.

Photo Benoît Fortrye.

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