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Critiques / Théâtre

Sunderland de Clément Koch

par Gilles Costaz

Un mélo irrésistible

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Sunderland : une petite ville du Nord de l’Angleterre, qui ressemble, en plus petit et en aussi désolé, aux Manchester et Liverpool des faits divers. Les habitants n’y trouvent pas le moindre travail et ne se passionnent guère que pour l’alcool et l’équipe de foot locale. Une jeune femme s’occupe seule de sa petite sœur, adorable mais avec quelques problèmes psychiques. Elle n’est pas si seule. On s’entraide dans ce coin misérable. Une amie participe au travail que la jeune femme fait au noir : l’amour au téléphone ! Mais ce n’est que de la bricole, en passant par-dessus la morale qui n’a plus grand-chose à faire là quand on est si fauché. Il devient urgent de trouver de l’argent pour faire face aux soins qu’exige la petite handicapée. Une affaire surgit : un couple d’homosexuels cherche une mère porteuse qui pourrait faire un enfant avec leurs spermes livrés à domicile ! Le couple offre beaucoup de livres sterling. Mais la chose n’est simple à mettre sur pied…

Voilà un mélo typiquement anglais, mais plus du temps de Dickens, plutôt de l’époque d’Elton Jones. Sauf que l’auteur, Clément Koch, n’est pas britannique. C’est un Français pur jus. Il a quand même vécu plusieurs années en Angleterre et a su, très habilement, en alternant la blague et le drame, évoquer la face souffrante de ce pays à la pauvreté galopante qu’il connaît. Stéphane Hillel a orchestré avec chaleur ces embrouilles qui auraient pu être à pleurer si le tonus n’était pas donné et redonné toutes les cinq minutes. Méconnaissable, maquillée à la diable, la chevelure rehaussée de mèches de lionne, Elodie Navarre est impressionnante : elle est l’image touchante et troublante du prolétariat. Constance Dollé et Léopoldine Serre sont vives et craquantes. Vincent Deniard compose une brute au grand cœur sans pathos. On marche au quart de tour de la première à la dernière seconde. On souhaite à l’auteur que les Anglais jouent un jour sa pièce si typiquement anglaise.

Sunderland de Clément Koch, mise en scène de Stéphane Hillel, décor de Jacques Voizot, musique de François Peyrony, lumières de Laurent Béal, costumes de Cécile Magnan, avec Elodie Navarre, Constance Dollé, Léopoldine Serre, Vincent Deniard , Vincent Nemeth, Thierry Desroses, Pascale Mariani et la participation (vidéo) de Bénédicte Dessombz. Petit Théâtre de Paris. Du mardi au samedi à 21h, samedi à 17h, dimanche à 15h. tél. : 01 42 80 01 81.(Durée : 1 h 40).

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